V-VI
TRADUCTION
II. — Jérusalem, tu m'as fait irrand domma£re, m'ayant ravi c*e <|ue j'aimais le plus. Sache en vérité que je ne t'aimerai jamais, car c'est la chose dont j'ai la pire joie, et bien souvent j'en soupire et j*en suis oppressée, tant que je m'irrite presque contre Dieu, qui m'a ôté de la grande joie où j'étais.
III. — lîeau doux ami, comment pourrez-vons endurer le gnind regret de moi sur la mer salée, puisque rien ne pourrait décrire la grande S4>nffrance (pii m'est entrée au cœur ? Quand il me souvient du doux visage clair que souvent je baisais, c'est grande merveille si je ne deviens folle.
IV. — Par le seigneur Dieu, je ne puis y échappi'r ; il me faut mourir,
telle est ma destinée, et pourtant je sais bien (jue celui qui meurt par
amour a plus d'une étape à fournir ]>our aller juscpi'à Dieu. Ileins !
j'aime mieux entrer en tel voyage oii je puisse trouver mon doux ami
(jUe rester ici, afFolée.
REMAROl'ES
V. lî)-20. Comme MM. Lindeld'l' vi Widlt'Uskd'M, j'ai retouché ci* deux vers pour en écarter la •( césure éjiique ».
V. 28. Il ne faut pas entendre fjitr au sens de nir, mais ix>nstruire : « mieux vueil... ijup jo ne vueil... >»