IV. — 30 tormOï
TRADUCTION
I. — Écoutez, seigneurs, paresseux par désœuvrement, vous qui restez ici indigents de tous biens, qu'il vous souvienne de la mort pleine d'angoisses que le jBls de Dieu a soufferte, lui le premier ! Il fut lié au pilier et fut flagellé de courroies à nœuds et mis en croix, nous le savons, pour nous jeter hors des peines douloureuses.
IL — Ah ! cœur failli, mauvaise chair honteuse, avez-vous donc grande peur de mourir ? Souvenez-vous de la mort cruelle qui sera sans fin et chaque jour pire. Réconcilions-nous avec notre créateur, qui nous vient chercher en nous faisant visage de joyeux accueil et qui dit : d Ici, tous les bons et les meilleurs, car en paradis il y a grande place vide. :&
III. — Au jour terrible et plein de colère où le fils de Dieu viendra, fier et courroucé, et montrera à découvert ses plaies en ses flancs, en ses mains, en ses pieds, qui furent pour nous fendus et percés , il n'y aura saint qui ose dire une seule parole : le plus hardi voudrait alors être croisé, tant ils redouteront son irritation et son courroux !
lY. — Par delà la mer, en cette sainte contrée où Dieu naquit et où il fut mort et vivant, c'est là que nous devons revendiquer notre héritage car Dieu s'en est laissé chasser à grand tort pour nous. Qui n'y viendra pas ne sera pas son ami, car il n'a là-bas ni trêve ni répit. Qu'il nous donne d'y aller et d'en revenir, en telle guise que nous puissions entrer en paradis sans nul encombre !
REMARQUES
V. 1. Dieus ! tafit avon esté preu par oiseuse ! dit Conon de Béthune. C'est peut-être la même leçon, preu par oiseuse^ qu'il conviendrait de reconnaître ici ; pereceus par oiseuse en serait une déformation ; caj. l'imitation de cette strophe de Conon de Béthune est sensible aux vers 3-4 ; cf. Conon, ci-dessus, p. 33.
V. 2. Demeurer est souvent employé absolument, comme on a pu le remarquer, dans nos chansons, et appliqué à ceux qui ne prennent pas la croix. C'est pourquoi nous avons cru devoir séparer les deux hémistiches par une viro^ule.