‹ Les chansons de croisadeChapitre 64 sur 145 · ALER M'ESTUET LA U ]E TRAIRAI PAINE · texte numérisé non relu

ALER M'ESTUET LA U ]E TRAIRAI PAINE

Raynaud : 140.

Manuscrits. T, K, X, P, X.

Editions. De La Borde, p. 230 ; P. R. Auguis, I es poètes françois depuis le XIP siècle, t. II (i824\ p. 50 ; Dinaux, t. III, p. 238 ; Albert Metcke, Die Lieder des alt/rauzocsischen Lyrikers Gille le Viiiier (dissertation de doctorat de l'Université de Halle), 1906.

Versification. Cinq strophes de huit décasyllabes, et un envoi. Formule ahahbabh. Les strophes sont groupées par les rimes d'après le type 2 + 2 + i .

Classement des manuscrits. KXPX forment une famille contre T : voyez, entre autres preuves, les variantes des vers 2 1 et 32-4.

L'auteur et la date. KPX da chanson est anonyme en N) portent, en tête de celte chanson, la rubrique : Mcstrc Gilc II Viniers (i), attribution démentie par ce vers de l'envoi :

Li chaslelains d'Arias disl en ses clians...

L /"(Jillos li viiiids, A' nmistre Gilles li viniors. — M. AUn'it Metrk»' a accepté cette attribution ; mais M. A. (Juesîi..n [Le Moyen ènje, llWXî, p. l.*.t>i lui a oppo«*^

(rexcellents ar.Lruiin'tits.

T nous apprend de plus que ce châtelain s'appelait Huon (il donne cette rubrique : Hues li chastelains d'Arras). Une autre chanson (Rayn. 308) est attribuée aussi au « Chastelain d'Arras » par le ms. P, tandis que le ms. de Berne 389 la donne au « roi de Navarre >. On sait que les attributions du ms. de Berne ne méritent aucune créance, et l'on a d'ailleurs quelque raison de croire que le même Huon, châtelain d'Arras, peut avoir rimé l'une et l'autre chanson, car toutes deux s'adressent à une « contesse » :

Contesse a droit la doit on apeller.

De tous solas et de tout avenant ; S'outrajeus fui de hautement penser, Sovent m'en vient mes biaus forfais avant...

Le bagage poétique de Huon est léger, mais ses deux chansons sont charmantes. On sait peu de chose de sa vie : « Huon, écrit M. Guesnon (i), succéda comme fils aîné à Bauduin, fils de Bauduin, châtelain d'Arras antérieurement à 1200. Il n'apparaît dans l'office de châtelain d'Arras qu'en 121 3. Trois ans après, il fait campagne en Angleterre avec le prince Louis, fils de Philippe- Auguste et seigneur d'Artois. On le perd de vue à partir d'un acte de 12 19, où il figure comme témoin de la vente de la dîme de Fontaine au chapitre d'Arras par Alard, seigneur de Croisilles. Bauduin, vraisemblablement son fils, lui avait succédé dans la châtellenie d'Arras avant 1232. Dix ans plus tard, il mourait de maladie dans l'expédition de saint Louis contre le comte de La Marche et les Anglais. »

« Ainsi, dit M. Guesnon (2), le châtelain d'Arras et sa famille {Congé de Bodel, v. 445) ne restèrent vraisemblablement pas étrangers au mouvement qui, à la fin du XH" siècle, entraînait,

1. Voyez sa très belle étude sur les Trouvères artésiens [Le Moyen Age, 1902, p. 152 ] cl. ihid., 1899, p. 134).

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