‹ Les chansons de croisadeChapitre 67 sur 145 · IV. — y Heex (sic) dame ci m. — 28 J'chateux · texte numérisé non relu

IV. — y Heex (sic) dame ci m. — 28 J'chateux

Xir. — ALER M ESTUET LA U JE TltAIRAl PAINE 139

Dame vaillans, conment vivra cors sens ? Se le vostre ai od moi en compaignie, Adès iere plus joians et plus preus :

32 Del vostre cuer serai chevalereus.

Del gentil cuer Genièvre la roïne

Fu Lancelos plus preus et plus vaillans ;

Pour li emprist mainte dure aatine, 36 Si en souffri paines et travas grans ;

Mais au double li fu gueredonans

Après ses maus Amors loiaus et fine :

En tel espoir serf et ferai tous tans 40 Celi a cui mes cuers est atendans.

Li chastelains d'Arras dit en ses chans Ne doit avoir amour vraie entérine Ki a la fois n'en est liés et dolans : 44 Par ce se met del tout en ses comans.

29 X manque — 80 KXPX înx ades en — 31 K'XPX Ades iere — 32 A'-ViPA' Tor

vostre amour.

V. — 33 KXPX Dduz fjentis cuers j^eiieuc (A' peucuru) — 34 KXPX Kist laucolot plus pr. et melz v. — 3(; KXPX Et son s.. A' paine — 37 A' guerreilonoz — 38 7 loiaus amie fine — H» A'Aa ([ui. A' Ci'le, A'atenilant. 7* entendant.

t^ ^^ — Veintù manque en X et en K. W 7'dist — 42 A'aniors veniie, .V/* entière — 44 A' se manque. A'/' a son conniatit.

TRADUCTION

I. — Il me faut aller là où j'eiulinvrai peine, en cette terre ou l>it*u fui torturé ; j'y aurai mainte pensée lourde, })uis(iue je serai êloiu'né de ma dame ; et sachez bien (|Ue jamais je n'aurai de joie justju'a l'heure où je l'aurai proche de moi. l)ame, faites-moi merci ; (juand je serai revenu, je vous supplie par Dieu (pie pitié vous prenne.

II. Douce dame, comtesse et châtelaine de haut prix, qu'il m'est dur de quitter, il est de vous comme de la sirène qui, par son chant, a déçu des mariniers. Ils n'en savent rien ; elle s'est approchée d'eux en telle guise que son doux chant mène leur nef en maie voie ; ils ne se gardent pas d'elle, et voici qu'elle les a plongés dans la mer ; et, si tel est votre plaisir, je suis en même détresse.

m. — Je suis en détresse, si pitié ne me secourt; mais, si son cœur ressemble à ses doux yeux, je sais en vérité que je n'y périrai pas, ayant espérance qu'elle a le cœur pitoyable. Souvent je me rappelle qu'étant seul avec elle, elle disait : « Si vous reveniez, je serais heureuse ; alors je vous donnerai joie ; pour l'heure soyez loyal comme un courtois amoureux. »

lY. — Ha ! Dieu, cette parole, dame, me rend la vie ; beau sire Dieu, comme elle est précieuse ! Je pars pour la terre de Syrie sans mon cœur : il reste avec vous, c'est son plus doux abri. Dame de prix, comment vivra corps sans cœur ? Si j'ai votre cœur avec moi pour me faire compagnie, j'en serai sans cesse plus joyeux et plus preux ; par votre cœur, je serai vaillant.

y. — Par le noble cœur de Genièvre la reine, Lancelot fut plus preux et plus hardi ; pour elle il fit mainte dure emprise et en souffrit peines et grands travaux ; mais après ses épreuves Amour loyale et fine le récompensa au double : en tel espoir je sers et servirai toujours celle en qui mon cœur a mis sa confiance.

Le châtelain d'Arras dit en ses chants que celui-là ne peut avoir au cœur vraie amour parfaite qui n'en ressent à la fois liesse et douleur : c'est pourquoi il se remet tout entier aux ordres d'Amour.

REMARQUES

Y. 18. Le sens le plus probable de iW^en sevent mot est : « ils ne s'aperçoivent de rien. » Voy. la Romfmia, t. V, p. 500.

V. 23. J'ai accepté le texte de T ; mais je vos ferai joieus est plat, et d'ailleurs le conditionnel fer oie est presque nécessaire. Les autres mss. onty« vos feroie feus. La dame a-t-elle dit au croisé que, s'il revenait, elle

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