LISBETH
La fenêtre des vieux âges Pour aérer son esprit.
Et je m'en vais sur la cime Dont Platon sait le chemin.
Je me dis : Soyons sublime!...
'Mais je redeviens humain,
Et mon âme est confondue, Et mon orgueil est dissous, Par une alcôve tendue D'un papier de quatre sous.
Et l'amour, ce doux maroufle, Est le maître en ma maison, Tous les soirs, quand Lisbeth souffle Sa chandelle et ma raison.
CIIELLES
.l'aimo Cliello etsos cressonniores.
Kl lo doux tic-lac dos moulins Kl des cœurs aulour dos meunières:
(juant aux blancs niounicrs, jo los plains
Les meunières aussi sonl blanciios :
C'est pourquoi je vais là souvent Mêler ma rêverie aux branches Des aulnes (pii tremblent au vont.
J'ai l'air d'un pèlerin; les filles Me parlent, gardant leurs troupeaux:
Jo ris, j'ai parfois des coquilles Avec des lleurs, sur mon chapeau.
Ouand j'arrive avec mon caniche, Chellcs, bourg dévot et coqiiel.
C-roit voir passer, fuyant leur niche, Saint Uoch, et son chien saint llixpict.
Ces eflets de ma silhouetir' M'oreupiTit peu ; je vais mareliant.
CHELLES- ÎOl
Tâchant de prendre à l'alouette Une ou deux strophes de son chant.
J'admire les papillons frêles Dans les ronces du vieux castel; Je ne touche point à leurs ailes.
Un papillon est un pastel.
Je suis un fou qui semble un sage.
J'emplis, assis dans le printemps, Du grand trouble du paysage Mes yeux vaguement éclatants.
0 belle meunière de Chelles, Le songeur te guette effaré Quand tu montes à tes échelles, Sûre de ton bas bien tiré.
Une de plus que les muses; Elles sont dix. On croirait, (Jnand leurs jeunes voix confuses liruisscnt dans la forêt.
Kntendre, sous les caresses Des farauds vieux chênes boudeurs, Ln broulialia de déesses l'assaut dans les profondeurs.
Kllt's sont dix châtelaines De tout le pays voisin.
La ruche vers leurs haleines Knvoie m chantant l'essaini.
Kl les sont dix belles folles, Di'inons dont je suiscagot, Obtenant des auréoles Kl méritant le fagol.
Oiie de ("(rurs cela dérobe.
Même i\ nous autres manants!
Chacune étale à sa robe Quatre volants frissonnants,
Et court par les bois, sylphide Toute parée, en dépit De la griffe qui, perfide, Dans les ronces se tapit.
Oh ! ces anges de la terre !
Pensifs, nous les décoiffons; Nous adorons ce mystère Do la robe aux plis profonds.
Jadis Vénus sur la grève N'avait pas l'attrait taquin Du jupon qui se soulève Pour montrer le brodequin.
Les antiques Arthémises Avaient des fronts élégants, Mais n'étaient pas si bien mises Et ne portaient point de gants.
La gaze ressemble au rêve; Le satin, au pli glacé.
Brille, et la toilette achève Ce que l'œil a commencé.
La marquise en sa calèche Plaît, même au butor narquois, Car la grâce est une ilèche Dont la mode est le carquois.
L'homme, sot par étiquette.
Se tient droit sur son ergot; Mais Dieu créa la coquette Dès qu'il eut lait le nigaud.
Oh! toutes ces jeunes femmes.
Ces yeux où flambe midi,
U)i LES CHANSONS DES HUES ET DES DOIS.
Ces fleurs, ces cliilTons, ces àmcs, Ouellcforôl (le Bondy!
Non, riuii iio nous ilévalisc Coinnic un minois habillé, Kt comme une Citialise Où Cliapron a ti'a\aillé!
Les jupes sont meurtrières.
La femme csl un canevas
Que, dans l'ombre, aux couturières
Proposent les Jéhovahs.
Cette aitruille qui l'arrange D'une certaine faron Lui donne la force étrange D'un rayon dans un fi isson.
Ln ruban est une embOche, Une guimpe est un péril; Et, dans Tédcn, où trébuche La nature à son avril,
Satan — que le diable enlève! — N'eût pas risqué son pied bot Si Dieu sur les cheveux d'Kve Eût mis un chapeau d'Herbaut.
Toutes les dix. sous les voûtes Des grauils arbres, vont chantant; On est amoureux de toutes; On est farouche et content.
On les compare, on hésite Entre ces robes rjui font I>a lueur d'une visite Arrivant du ciel profond.
Oh! pour plaire à cette moire, A ce gros de Tours flambé,
On se rêve plein de gloire, On voudrait être un abbé.
On sort du liallier champêtre La tête basse, à pas lents, Le cœur pris, dans ce bois traître, Par les quarante volants.
CHOSES ÉGUITES A CRÉTEIL
SacliPz qu'hier, de ma lucarne.
J'ai vu, j'ai couvert de clins d'yeux Lue fille qui dans la Marne Lavait des torchons radieux.
Près d'un vieux jtoMl, dans les saulces, Klle lavait, allait, venait; 1,'anlie et la brise riaient niôlces A la grâce de son bonnet.
Je la voyais de loin. Sa niante l/entourait de j)lis palpitants.
Aux folles broussailles qu'augnienle L'intempérance du printemps.
Aux buissons que le vent soulève Une juin et mai, frais barbouilleurs, roulant la cuve de la sève, Couvrent d'une écume de fleurs,
Aux sureaux |)h'ins de mouches eombn.'s, Aux ^rciièts (lu l)or(l, ions divers.