GENIO LIBRI
Suspends la toile d'araignée, Qui prendra les rimes au vol.
Fais rire Marion courbée Sur les œgipans ahuris.
Cours, saute, emmène Alphcsibée Souper au Café de Paris.
Sois gai, hardi, glouton, vorace.
Flâne, aime; sois assez coquin Pour rencontrer parfois Horace Et toujours éviter Berquin.
Peins le nu d'après l'Homme antique, Païen et biblique à la fois, Constate la pose plastique D'Eve ou de Rhée au fond des bois.
Des amours observe la mue.
Défais ce que les pédants font, Et, penché sur l'étang, remue L'Art poétique jusqu'au fond.
Trouble La Harpe, ce coq d'Inde, Et Boileau, dans leurs sanhédrins; Saccage tout ; jonche le Pindc De césures d'alexandrins.
Prends l'abeille pour sœur jumelle; Aie, ô rôdeur du frais vallon.
Un alvéole à miel, comme elle.
Et, comme elle, un brave aiguillon.
Plante là toute rhétorique, Mais au vieux bon sens fais écho ; Monte en croupe sur la bourrique Si l'ùnier s'appelle Sancho.
Qu'Argenteuil soit ton Pausilippc Sois un peu diable, et point démon.
LES CHANSONS DES RUl-S KT l)i;S liOlS.
Joue, et pour Fanfan la Tulipe Quitte Ajax, fils de Télamon.
Invente une églogue lyrique Prenant terre au bois de Meudon, Où le vers danse une pyrrhi(iue Qui dégénère en rigodon.
Si Loque, Coche, Graille et Chiiïe Dans Versailles viennent à toi.
Présente galamment la grifle A ces quatre filles de roi.
Si Junon s'offre, fais ta tâche; Fête Aspasie, admets Ninon; Si Goton vient, sois assez lâche Pour rire et ne pas dire : Non.
Sois le chérubin et Téphébc.
Que ton chant libre et disant tout Vole, et de la lyre de Thébe Aille au mirliton de Saint-Cloud.
Qu'en ton livre, comme au bocage, On entende un hymne, et jamais Un bruit d'ailes dans une cage!
Rien des bas-fonds, tout des sommets!
Fais ce (jue tu voudras, qu'importe!
Pourvu que le vrai soit content; l'durvu que l'alouette sorte j'arfois de ta stroi)he en chanlanl;
Pourvu (|ue Paris où tu soupes N'ùte rien à ton naturel ; Que les déesses dans tes groupes Gardent une lueur du ciel;
Pourvu que la liizeine pousse Dans ton idylle, et (|ur Vénus