A UNE LECTURE DE PLATON
Je lisais Platon. — J'ouvris La porte de ma retraite, Et j'aperçus Lycoris, C'est-à-dire Turlurette.
Je n'avais pas dit encor Un seul mot à cette belle.
Sous un vague plafond d'or Mes rêves battaient de l'aile.
La belle, en j'upon gris clair, Montait l'escalier sonore ; Ses frais yeux bleus avaient l'air De revenir de l'aurore.
Elle chantait un couplet D'une chanson de la rue Qui dans sa bouche semblait Une lumière apparue.
Son front éclipsa Platon.
0 front céleste et frivole !
Un ruban sous son menton Rallachail son auréole.
Elle avait Tacccnt qui plaît, Un foulard pour cachemire, Dans sa main son pot au lait.
Des flammes dans son sourire.
Et je lui dis (le Phédon Donne tant de hardiesse !) :
— Mademoiselle, pardon, Ne sericz-vous pas déesse?
Quand les guignes furent mangées, Elle s'écria tout à coup :
— J'aimerais bien mieux des dragées.
Est-il ennuyeux, ton Saint-Cloud!
On a grand'soif; au lieu de boire,
On mange des cerises; voi,
C'est joli, j'ai la bouche noire
Et j'ai les doigts bleus; laisse-moi. —
Elle disait cent autres choses, Et sa douce main me battait.
0 mois de juin! rayons et roses!
L'azur chante et l'ombre se tait.
J'essuyai, sans trop lui déplaire, Tout en la laissant m'accuser, Avec des fleurs sa main colère, Et sa bouche avec un baiser.
GEMO LIBRl
0 loi qui dans mon âme vibres, O mon cher esprit familior, Les espaces sont clairs et libres, J'y consens, défais ton collier.
Mêle les dieux, confonds les styles, Accoiii)le au p:ran les a^Mius; Fais dans les grands cloîtres hostiles Danser les nymphes aux seins nus.
Sois de France, sois de Corinthe, Réveille au bruit de ton clairon Pégas(3 fourbu ([u'on éreintc Au vieux coche de Campistron.
Tresse Tacanthe et la liane ; (Irise l'auirure avec Tablée ; Que David contemple Diane, Qu'Acléon guette lJeihsal»é.
Du nez ik Minerve jndiirni'e Au crAne chauve de saint Paul