‹ Les chansons des rues et des boisChapitre 60 sur 79 · COMÉDIE DANS LES FEUILLES · texte numérisé non relu

COMÉDIE DANS LES FEUILLES

Au fond du parc qui se délabre, Vieux, désert, mais encor charmant Quand la lune, obscur candélabre, S'allume en son écroulement,

Un moineau-franc, que rien ne gêne, A son grenier, tout grand ouvert.

Au cinquième étage d'un chêne Qu'avril vient de repeindre en vert.

Un saule pleureur se hasarde A gémir sur le doux gazon, A quelques pas de la mansarde Où ricane ce polisson.

Ce saule ruisselant se penche ;

Un petit lac est à ses pieds,

Où tous ses rameaux, branche à branche,

Sont correctement copiés.

Tout en visitant sa coquine Dans le nid par l'aube doré.

L'oiseau rit du saule et taquine Ce bon vieux lakisle éploré.

11 cric à toutes les oiselles

Qu'il voit dans les feuilles sautant :

— Venez donc voir, mesdemoiselles!

Ce saule a i)leuré cet étang.

Il s'abat dans son tintamarre Sur le lac qu'il ose insulter :

— Est-elle bètc, cette niare!

Elle ne sait que répéter.

O mare, tu n'es qu'une ornière.

Tu rabâches ton saule. Allons, ChanfTC donc un peu de manière.

Ces vieux rameaux-là sont très longs.

Ta géorgique n'est pas dr(Me.

Sous prétexte qu'on est miroir, Nous faire le matin un saule Pour nous le refaire le soir!

C'est classique, cela m'assomme.

Je préférerais qu'on se tiU.

Çà, ton bon saule est un bonhomme; Les saules sont de Tlnstilut.

Je vois d'ici bâiller la truite.

Mare, c'est triste, et je t'en veux D'être échevelée à la suite D'un vieux qui n'a plus de cheveux.

Invente-nous donc fjuehiue chose!

Calque, mais avec aljandon.

Je suis fille, fais une rose, Je suis âne, fais un chardon.

Aie une idée, un iris jaune, Ln bleu nénuphar triomphant!

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