‹ Les chansons des rues et des boisChapitre 73 sur 79 · LA MÉRIDIENNE DU LION · texte numérisé non relu

LA MÉRIDIENNE DU LION

Le lion dort, seul sous sa voûte.

Il dort de ce puissant sommeil De la sieste, auquel s'ajoute, Comme un poids sombre, le soleil.

Les déserts, qui de loin écoutent, Respirent ; le maître est rentré.

Car les solitudes redoutent Ce promeneur démesuré.

Son souffle soulève son ventre ; Son œil de bruiïie est submergé, Il dort sur le pavé de l'antre, Formidablement allongé.

La paix est sur son grand visage.

Et l'oubli même, car il dort.

Il a l'altier sourcil du sage Et l'ongle tranquille du fort.

Midi sèche l'eau deipi citernes ; Rien du sommeil ne le distrait ;

Sa gueule ressemble aux cavernes, Kt sa crinière à la forùt.

11 entrevoit des monts difformes, Des Ossas et des Pelions, A travers les songes énormes Que peuvent faire les lions.

Tout se tait sur la roche plate Où ses pas tout à l'heure erraient.

S'il remuait sa grosse patte, Que de mouches s'envoleraient !

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