‹ Les chansons des trains et des garesChapitre 51 sur 63 · LES HORLOGERS · texte numérisé non relu

LES HORLOGERS

J'ai toujours considéré les horlogers

Gomme de nature inoffensive, un peu puérile,

Et singulièrement sujets

A se forger

Des tas d'occupations inutiles.

C'est égal, ils n'ont pas de honte

Ces horlogers,

Gens adultes et parfois même assez âgés,

— Tandis que la guerre civile peut-être gronde,

Et qu'au dehors attend et nous menace l'étranger,

Us n'ont pas honte, ces horlogers,

128 LES HORLOGEnS

De passer les journées le plus vides du monde,

A arranger, puis déranger,

R arranger, et redéranger,

Des montres,

Qu'ils montent et tantôt démontent,

Sans que leur calme imperturbable se démonte.

Et d'abord, rien qu'à cette lunelle qui n'a qu'un verre,

Dont ils se fourrent, de travers,

Le gros bout dans le coin des yeux,

On voit bien tout de suite que ça n'est pas sérieux.

Ou encore, étant leur lunette,

Gravement ils écoutent, en hochant la tôle,

\h écouieni la petite bêle ;

La petite bête, à l'âge de ces Messieurs ; — Ecoute, mon mignon, écoule !... — Vous admettrez bien qu'ils s'en foutent ; Ou alors c'est qu'ils sont gâteux; — Ou bien les deux. —

Cependant, flattant leur folie, Complaisamment, nous les laissons

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