LES HORLOGERS
Pénétrer, au moins une fois le mois, dans nos maisons, — Je vous demande un peu ce que ça signifie, — Et nous souiïrons qu'à nos intimités ils s'initient, Ces gens qu'à peine nous connaissons :
Tout cela, sous le prétexte ridicule, De vérifier nos pendules ;
Pendant une heure, ils tournent les aiguilles,
Et font
Sonner l'artistique (de bronze doré) pelile fille
Qui court après un papillon.
Ou le berger contant à la bergère sa passion,
Oula biciie agile, le chien fidèle, le fier lion.
Ou Lauré tendrement enlacée à Péti'arque, —
Nous n'y faisons pas attention,
Ce sont de pauvres maniaques ;
Remarque
Que si nos domestiques s'amusaient de la sorte.
Ce que nous les ficherions à la porte î...
Mais on dirait vraiment qu*une grâce d'État
Protège ceux qui, d'être horlogers, font état.
130 LES IIORLOGKRS
.Pourtant, où celte manie ti'esl pas sans péril,
C'est quand ils grimpent, les imbéciles,
En haut des clochers de la ville :
Car vainement on voudrait les en empêcher,
Ils ont la rage d'escalader tous les clochers,
Et, comme des fous, ils se moquent
Et du vertige, et du danger, ,
Et vont causer, près de, la girouette, avec le coq,
Quand soudain vos fils apparoissenl Ainsi perchés sur le clocher d'ardoise De la mairie, ou de l'église de la paroisse, Mères des horlogers, qui dira votre angoisse?
L'horloge passe avant tout : régler Thorloge !
A la dignité de ce rôle, ,
Jamais l'horloger ne déroge ;
Ilàte-toi, écolier qui te rends à l'école,
Et que les fidèles se pressent
Pour arriver, avant l'Evangile, à la messe :
L'horloger, au péril de sa vie, règle les horloges.
LES ii..nLOGi:ns 131
Celle formalité lui semble nécessaire,'
Dût trembler et pleurer sa mère ;
Les horlogers pourtant, ne sont pas méchants.
Mais ils raisonnent comme des enfants...
La nature des horlogers est puérile.
En un coiïret de bois des îles,
Temple des souvenirs futiles,
En un coffret.
Dont la serrure est à secret,
Secret subtil, —
J'ai retrouvé le gant parfumé de verveiPiO :
Et c'est une idylle ancienne.
Le gant, le long gant parfumé,
En peau de Suède,
La belle qui me l'a donné,
N'était-ce pas, autant que je mêle puis rappeler,
N'était-ce pas à un bal costumé A la légation de Suède, —
— Oh î son bras blanc, son bras de neige î... — Et de Norwège î
Ce gant, que je n'ai pas rendu,
— Oui, je veux garder en trophée, L'empreinte de tes doigts de fée... —
Ce gant, naturellement, je ne l'ai pas rendu: Et l'autre gant, alors, qu'est-il devenu !
Maintenant cette idée m'obsède ;
Que deviennent les gants de Suède,
Que deviennent-ils.
Les gants de peau, les gants de fd, ^
Que deviennent
Les gants parfumés de verveine.
Ou qui ne sont pas parfumés,
Les pauvres gants périmés ?
J'en sais, des gants, j'en sais qui furent Perdus en omnibus, perdus en voilure,
En bateau ou en chemin de fer:
Si les gens qui les retrouvèrent N'avaient pas la même poinlure, Que purent, Que purent-ils bien en faire?
J'en sais des gants, j'en sais qui furent
Lancés à travers des figures,
— Au café, ou bien au cercle, ou sur le lurf, —
De messieurs qu'on traitait de muffles :
Et ces gants-là, qui sait (qui sait?)
Si personne les a ramassés..,
(Combien de gens, pourtant, à ce que l'on assure, Qui, pour acheter des gants, durent Se priver de nourriture...)
Où donc, où se peut-il bien qu'aillent
Les gants blancs, les gants gris-perle, les gants paille.
Avec lesquels nous convoitâmes des hymens :
(— Mon père, cette jeune fille est une perle ;
Mettez, mettez vos gants gris-perle.
Et m'allez demander sa main. — )
Une ou deux fois peut-être, alliant l'élégance
Aux économiques nécessités de rexislence,
Nous les avons envoyé ,
Nettoyer,
— 0 Benzine, Benzine sainte, *
Des employés à deux mille cinq ! —
Aux commerçants qui s'occupent de dégraissage :
Et puis les voilà hors d'usage.
D'indigents nousfaisons la joie.
Avec nos vieux chapeaux de soie ; Et, d'un ancien habit à queue.
Nous charmons les pauvres honteux :
Mais nous n'avons jamais accoutumé de faire aumône De nos vieux gants, en peau de chien, rouges ou jaunes,
Et, décolorés et flétris,
Sentant le vieux bout de cigare,
Ou de vagues poudres de riz.
Les gants, témoins jadis des amoureux hasards,
Compagnons des jeux et des ris,
Les gants sont je lés à lecart :
— A moins encor que la nécessité barbare
Ne les fasse couper, liorreur ! pour qu'ils préparent,
De quels onguents, ô gants ! enduits,
La gucrison des panaris!...
Il est certain que le couple Durand Aurait, par dessus tout, désiré des enfants.
Et que nul cercle de famille N'eût applaudi par de plus joyeux cris,
A l'apparition d'un fils,
A la naissance d'une fille:
Des jumeaux même eussent été les bien accueillis ;
Mais c'est toujours ce qui arrive
Sur notre passagère rive :
Quand on en veut, on n en a pas
Plus on en veut moins on en a, — Ainsi, de nous, la nature se gausse ; Il en est de ces gosses-là Comme de pas mal d'autres choses.
Mais ne nous attendrissons paa.
Les Durand, selon la coutuiiie, Reporlaient leur affection Sur des bêles de différente dimension,
Chiens, chats, oisons, ou bien poisson?, Et poil, et plume ;
Mais caniche fidèle ou perroquet jaseur, Poisson rouge, chat angora,
Toutçà, Tout çà ne remplit pas le cœur :
Comme il était vide, si grand, Le cœur de Madame Durand !
Monsieur Durand s'efforçait bien, bonne âme, Pcir mille riens, mille cadeaux ingénieux, De ramener un peu de gaîté dans les yeux,
Les chers yeux de sa tendre femme !
Il l'emmenait au concert Lamoureux, Souper au cabaret comme deux amoureux.
Voir Séverin, l'excellent mime,
Et la Dame de chez Maxim; Il hij donnait des fleurs, des bijoux, tant et plus, —
Et je passe, bien entendu.
Sur les provenances plus intimes : — Temps perdu.
Madame Durand ne s éjouissait que pour la frime...
C'est surtout quand la pauvre dame avait été Prendre chez quelque amie une tasse de thé,
Qu'elle revenait abattue; La vue
D'un frêle essaim de jeunes filles, Papillonnant autour des mères de famille,
1 i2 TOUCHANTE ATTENTION DE M. DURANT)
Lci transperçait de mille traits:
Pour olfrir le rhum, et le lait,
Avec L'assiette de gâteaux secs,
Avoir aussi une petite demoiselle...
Et elle rentrait, triste à crier.
En songeant, hélas ! que chez elle.
Nulle enfant ne viendrait tendre le sucrier...
Un jour, à l'heure où l'on servait Le café, . Monsieur Durand, jovial, dit : — Qui a fait Une bonne surprise à sa poupoule en sucre ! —
Sans hésiter : — C'est le coco en or ! — Répondit Madame Durand ; car, bien qu'ils fussent
Mariés depuis plus d'un lustre.
De ces termes d'amour ils se servaient encor.
Et là-dessus, l'aimable époux sort de sa poche Une langouste ; la langouste s'approche De Madame Durand, étonnée et ravie;
Puis adinirableinent dresse, — A coup sûr, Monsieur Durand sait Ce que dut lui coûter celle plaisanterie, (Mais que ne fait-on pour une épouse chérie ?) —
Très gentiment, le crustacé Vint déposer, au fond de la tasse servie,
Un morceau de sucre cassé.
Qu'il avait, de sa patte, adroitement pincé,
Sans en paraître embarrassé,
Gomme s'il n'eût jamais fait que cela de sa vie.**
LA FRAUDE DEJOUEE
Malle, carton, ou bien panier, Tour à tour, il faut que tout passe Sous ton œil torve et perspicace,
Douanier î Quand tu le regardes en lace.
Le fraudeur, malgré son audace, Soudain se trouble et n'ose nier :
Sous ton œil torve et perspicace, Malle, carton, ou bien panier,
Tout passe...
La petite dame effrontée Cependant a conçu le projet, folle idée»
D'emporter, sans qu'on le remarque, Trois bouteilles de vieux cognac.
Cette frêle petite dame, quelle apparence, -7- Oui, quelle ! — Qu'elle Puisse avoir des habitudes d'intempérance? Mais le cognac n'est pas, je pense.
Pour son usage personnel.
Je crois aussi que Thypolhèse serait fausse De supposer que, cuisinière experte, C'est uniquement pour en mettre, De ce vieux cognac, dans les sauces...
Va, coquette contrebandière, L'amour seul put t'induire à ces louches pratiques : C'est une surprise qu'elle veut faire A son amant alcoolique.
Donc, dans sa malle, et fort bien cachés, j'en réponds Tout au fond, Sous des robes, sous des jupons, Des pantalons,
Parmi tout un fouillis froufroutant de mallnes, La petite dame maligne Dissimule les trois flacons : — Elle avait des pieds trop mignons
Pour pouvoir mettre des bouteilles dans ses bottines —
Avec les autres voyageurs du airain ex] rc3 *, Dès l'arrivée, vers les bagages elle s'e n presse. C'est là que le douanier, près du flot qui s'ccoule, Gomme une digue, D'un geste digne, Vêtu de vert, Calme et sévère, Le douanier arrête la foule ; Et vous croyez que c'est ainsi que Ton s'en tire, Que vous allez, avec votre malle, sortir,
Tranquillement, sans qu'il vous fouille Permettez-moi de vous le dire.
Madame, vous n'avez pas la trouille !...
— Vous n'avez rien à déclarer ?
A demandé le douanier ;
— Non, Monsieur, et, je vous en prie.
Répond la dame, avec un air tout éploré, Faites vite, ma petite fille est à Fagonie :
Si vous me retenez au sein de cette garj,
Hélas ! j'arriverai trop tard !
Pour quelques vêtements empilés au hasarà. Lorsque Ton m'apporta la dépêche brutale, Faudrait-il donc ouvrir ma malle?
Faites vite, Monsieur, et, si vous êtes père. Abrégez cette attente où je me désespère ! -
Le douanier, au fond, est bon zigue, Et, se laissant toucher, bonhomme :
— Vous ne cachez pas là de rhum.
Pas d'eau-de-vie de Dantzig?...
Allez ! — Et il secoue la malle, pour la forme.
Mais les poils dont cette malle, d'antique forme. Suivant la mode un peu désuète,
Etait couverte, Les poils étrangement se dressent l Déplorable mésaventure,
A la secousse, le contenu Des bouteilles brisées s'était tout répandu,
Et notre malle, ayant tout bu, Avait très mal, maintenant, à sa chevelure...
Fraudeurs, prenez toujours cette précaution D'acquérir des colis, dont la complexion Supporte Plus aisément les liqueurs fortes.
L'immeuble, hôtel jadis allier
D'un président à mortier, Affectait maintenant l'apparence vétusté De ceux-là, qu'artisans des modernes quartiers.
Font disparaître sans pitié Les fiers démolisseurs aux pioches robustes.
Seul le portail restait entier,
Avec sa porte de noyer, — De noyer, ou d'érable, ou bien de chêne, ou d'orme?
La porte énorme, - Où battait un marteau pesant, Qui, du poing crispé d'un lutteur, avait la forme ;
Ah ! combien, pendant deux cents ans,
Avaient, d'une main inquiète, Soulevé ce marteau, et par la porte ouverte.
En tremblant tendu leur requête,
Ou quelque message pressant, Au suisse majestueux et méprisant !...
Puis vinrent d'autres temps : de publiques enchères, Soit licitation, soit quelque coup du sort. Firent du vieil hôtel une maison de rapport. Entre les mains d'un trop ingénieux propriétaire : (Appa:tements ornés de glace, ^ Eau et gaz!...)
Et sur la porte furent mises Ces indications précises :
— Frappez une seule fois, pour Le pavillon qui est au fond de la cour ; — Deux fois (vous le deviez penser).
Si vous allez au rez-de-chaussée : — — Frappez trois fois pour le premier étage, — Ei quatre fois pour le second, —
Et ainsi de suite ; mais, au fait, non : Comme il n'y avait que deux étages dans la mai<. n, Il n'y avait pas lieu de frapper davantage...
Sur ces entrefaites, le propriétaire nouveau S'avisa qu'il serait plus élégant, et plus pratiqua,
De remplacer le vieux marteau
Par une sonnerie électrique ;
Mais quand vinrent les ouvriers, Voici que se mita crier
La porte, Gomme sait crier une porte :
— Non ' je ne veux pas qu'on l'emporte, Mon marteau, mon cher compagnon î... —
— Voyons, mon amie, voyons,
Dit le propriétaire, il faut se faire une raison : Parbleu, je comprends bien, quand on vécut ensemble Si longtemps, — tant de souvenirs! — Mais il me semble
Qu'à vivre avec cette Sonnette,
Vous serez beaucoup plus tranquiHo :
Elle est très douce, bonne fille,
Et ne vous fera aucun mal.
Tandis que, trois fois sur quatre,
Le brutal Vous rossait, chère, comme plâtre!...
Il n'est pas de ceux qu'on regrette. —
Mais elle :
— Il me battait, je me rappelle 1... — Dit-elle alors, avec une expression vague et sensuelle — Et si je suis dans le genre de cette Goncha, (Prononcez Gountcha, n'est-ce pas ?) Que Louys a si bien campée :
Gela ne regarde que moi,
Et puis quoi :
Eh bien! oui, là! j'adorais être frappée ! —
Le petit éléphant de carton hocha la tête, Kt dit : — Je commence à en avoir par-dessus la tête. J'en ai assez do vos baraques du boulevard. Ail ! qu'on me rende mon bazar !
Dans cette calme arrière-boutique, au fond dlun passage Bien chaudement enveloppé
De papier, Je coulais des jours sans orage :
Chez mes braves petits marchands, Jamais je n'avais vu pénétrer un chaland, C'était charmant !
: Et seulement lorsqu'avaient été sages
Leurs enfants (ils avaient deux garçons et trois filles), Ou encor lorsqu'il leur venait de la famille,
On me sortait en grande pompe,
On remuait un peu ma trompe, (J'avais surtout le don d'amuser le vieil oncle Alphonse),
Et puis l'on me laissait tranquille.
Soudain, voici que, sous prétexte ^ Que c'est bientôt la saint Silvestre, Veille du premier jour de TAn, Brusquement on vient m'arracher de ma retraite, On me jette Au beau milieu de ce Paris bruyant, Où l'on me force à rester, tout le jour, ballant. Ballant la tête!...
D'abord, je ne suis pas très fier, Mûiis, je vous le demande un peu, de quoi ai-je l'air?. . J'ai l'air d'une bête !
Saluer, d'un geste entendu.
Des gens que Ton n'a jamais vus,
Faire ainsi de petits signes d'intelligence A des tas de passants que l'on ne connaît pas...
On doit me prendre pour un gaga, Et j'en rougis jusqu'à l'extrémité de mes défenses !
Et puis quelle promiscuité !
Nous autres éléphants aimons à nous abstraire :
Et j'ai, tout juste, à mes côtés,
Un chemin de fer circulaire, Qui tourne constamment avec un bruit d'enfer î
Cela s'aggrave encor de boîtes à musique ;
Il y a de tous les métiers
Dans cette boutique :
Balayeuses, cireurs de bottes, palefreniers,
Qui, pour attirer les pratiques,
Trémoussent bras, et tête, et pieds :
C'est une agitation folle, — Même un lapin, ridiculement habillé, Un pauvre lapin, qui bat du tambour, vous croyez î...
Peut-être se trouve-t-il drôle ?
Que voulez-vous? — Moi, ça me fait pitié !...
Mais le plus affreux de l'affaire, Ce senties soldats que voici, Soldats de plomb, soldats de bois aussi, Qui passent le temps à me demander mon avis, Mon avis d'éléphant, sur la suprématie Ou du pouvoir civil, ou bien du militaire ? —
— Du moins, dis-je, quand vient la nuit, Tu peux sommeiller ? — Vain espoir !
Elles sont là toute une bande de toupies, En forme de cœur ou de poire.
Qui ronflent, à peine endormie?... —
Emu par la douleur que trahissaient ces mots, — Viens avec moi, repris-je alors, je te promets Que jamais Je ne troublerai ton repos.
Et ne te secouerai la trompe hors de propos. —
Mon interlocuteur, avec reconnaissance, Accepte, et nous montons en voiture tous deux ; Je b laissais dans son coin, respectueux Dj son immobilité et de son silence :
Spontanément, sa tête à nouveau se balanco..?
— Est-ce nerveux, interrogé-je, )u, habitué au mouvement, aurais-tu donc
Une crampe dans la trompe ?
— Tu te trompes, {épondit-il ; — malgré ma fatigue, n*empêclic
Que je connais les usages du monde ; legarde à la portière, ami, et rends-toi comp le : —
fn convoi déroulait son funèbre coi'tège.
Enfant du pays toulousain, — Compatriote, donc, de notre Armand Silvcstro,
Gomme nous le savons de reste :
Violettes, Allées Lafayette,
Le Gapitole, Saint-Sernin, —
Enfant de Toulouse aux toits roses.
Un apprenti coiffeur un beau matin s'en vint,
Avec son noble gagne-pain,
(C'est de son rasoir que je cause),
A Paris tenter le destin :
Il faut bien faire quelque chose.
C nstatons, aussitôt, en une parenthèse,
Constatons quel attrait exerce,
Malgré les campagnes de Presse,
Et l'intervention de Barrés, — .
Sur tous les jeunes gens qui, eux aussi, exercent. Quand du service militaire ils sont libérables,
Une industrie, ou un commerce,
Ou une profession libérale. Constatons quel attrait la Capitale exerce !
Recommandé par Gailhard et Falguièro, Comme, tout naturellement, Aussi par Benjamin Constant, Vous pensez que notre merlan Sans place, ici, ne chôma guère :
Il fut engagé sans retard Par un coiffeur, ami justement de Gailhard :
LE CHŒUR
Tant est vrai que, si sympathique, Il ne compte que des amis, Le directeur de notre Académie Nationale de Musique !
M. GAILIIARD
Oui, c'est vrai, et moi je m'en pique.
Je ne compte que des amis, Gai directeur de votre Académie Nationale de Musique !