‹ Les chansons des trains et des garesChapitre 59 sur 63 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

A l'auberge, à côté des règles Du jeu de la poule au billard, Sourira le portrait de l'aigle Du barreau de Montélimar,

De l'aigle Du barreau de Montélimar !

Et aussi, dans la clarté éblouissante des vitrines, Avec les souverains d'Europe, Le voici partout qui voisine.

Un peu gèaé, tout de même, de sa redingote.

Qu'en pensera Victoria?

Qu'en dira le prince de Galles ?

Comment l'appréciera le roi de Portugal ?

Est-ce que le prince Bulgare

Ne lui lance pas des regards

De travers?

Et pourquoi fronce-t-il ainsi

Les sourcils,

Silencieux, le roi Humbert ?

Mais surtout, c'est décourageant,

Ah !si

Si l'empereur de la Russie

Allait trouver, en voyant sa photographie,

Qu'il n'a pas l'air suffisamment intelligent...

Et ce sont aussi toutes les petites actrices

Qui lui glissent,

A côté, leurs yeux en coulisse :

Célébrités de l'Opéra,

(Rats),

Prêtes à tous les sacrifices :

Les dames des Français ne font semblant de rien,

Mais n'oublions

Pas rOdéon,

Car il faut que nous montrions

Que nous sommes bien parisiens, —

Il faut être bien parisiens, —

Et peut-être y en a-t-il qui regrettent T AUTRE... (Pourquoi n'a-t-il pas mis sa belle redingote !)

Mais de cet autre les brillantes photographies, Peu à peu, disparaîtront ; Elles s'en iront, c'est la vie, Dans la poussière des cartons, Suivant la fortune commune,

Vers l'éternel oubli, où vonl Les rois de toutes nations, Les Grévy, et les Mac-Mahon

Gomme les lunes.

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