LA VOIX INVISIBLE
A M"' Cakoline M**.
Aine souffrante, àine accablée,
Qui vas cherchant Dans la vallée,
Sans retrouver de fleur au champ ;
Quand tu vois fuir ces biens du monde.
D’un lent effort.
Comme fuit l’onde.
En laissant croire qu’elle dort;
N’es(-il donc rien qui nous console, Aucune voix Qui passe et vole,
Comme l’oiseau parmi les bois ?
Non,' me dis-tu, de la vallée Ét de mon cœur
• • S’en est allée
La voix qui parié de bonheur, • ..
Sur la montagne au front sublime, Aérien,'
Dé cime en cime
J’ai beau monter, je n’entends rien.
Et dans les bois plus de colombe,
. .Plus d’écureuil,
De’ gland'qui .tombe : • . •
On s’y croirait dans un. cercueil.
Tout est müèt sur le .cytise, > .
Sur l’aiibépin ;
Même la brise
Meurt dans les harpes du sapin.
Pas un écho .sous ce grand dôn»e • '• •
4^ cintre" vert, . .
En "ce royaume
Du jour craintif et qui se perd.
Pas un soupir sous la- feuiilée
Mais brusquement, .
Comme éveillée.
Elle tressaille et te dément. . .
Un rameau plie et se balance, • Un léger bruit Rompt le silence;
On ne sait quoi là-bas s’enfuit.
Tout est rentré dans le mystère .
Le bois s’est tu.
Moins solitaire.
L’àme a senti, l’œil n’a rien vu.
Et de nouveau, joyeuse ou triste,
La même voix,
A l’improviste.
Appelle encor du fond des bois.
C’est donc un chant, c’est donc une aile Qui fait plier •
Le rameau frêle.
En se glissant sous le hallier.
Cette voix douce en ses réponses Jette son cri Parmi les ronces
Ou le genêt humble et Henri.
Ainsi le cœur, lorsque tout semble Mort à nos yeux,
Roseau qui tremble,
Atteste encor le vent des cieux.
Quand de ces ombres amassées.
Triste forêt De nos pensées.
Rien ne répond, rien ne parait.
Quelqu’un est là, grave et fidèle, Quelqu’un pourtant.
Qui nous appelle ;
On ne voit rien, mais on entend.
Tout n’est pas mort et sans haleine Dans ce ravin De notre peine.
Où notre cœur s’abîme en vain.
• üné aile encor perce la. voûte
. Et montre en haut . •
Quelle est ,1a route, ■
Si l’autre en. bas. nous t'ait défaut. . •
Ame spullrante, àme accablée, ' • Qui vas cherchant • Dans' la vallée, •. , •
Sans retrouver de fïeür aii champ ;
N’est-il donc rien qui nous console, Aucune Voix Qui passe et vole,
Gonune l’oiseau parmi les bois?
A iMA FILLE. ■
. Dans ce monde doubje .
Qui recèle fen soi Un secret effroi,
Que rien ne te trouble, N’ébranle ta foi !
Crois aux belles cho.sesi A ce qui sourit,
A ce qui fleurit.
Au retour des roses.
Que r hiver flétrit.
Crois à ce qui dure,
A cette bonté,
Cette vérité En qui tout s’assure Pour l’éternité.
Garde ainsi ta joie, Eclat plus charmant. Plus riche ornement Que l’or et la soie Et le diamant.
De mon front morose.
Songeant à l’écart.
Qu’ai nsi ton regard.
Comme un rayon rose.
Chasse le brouillard f