SUR LÉ THÈME
« Trois chevaliers revenant de la guerre. »
Trois beaùx garçons s’en allaient par le monde, Allaient rpulanl.sur la machine ronde,
Et tra 1 tralerala 1 Sur la machine ronde.
A l’un son père a dit: « Prends cette canne.
Vois du pays, et ne sois pas un àne, .
Et tra ! traleràla !
Et ne sois pas un âne !» ’ .
Son oncle à l’àutre a.dit : •« Prends cette bourse, Pour la remplir n’épargne aucune course-.
Et tra ! tralérala !
• ■ N’épargne aucune ‘course. »
A l’autre, enfin, sa mère, vieille et triste,
A dit" t( Mon fils, hélas ! -que Dieu t’assiste !
Et tra I tralérala !
Hélas ! que Dieu t’assiste ! -» ■
Ont tant marché par la forêt profonde,
Ont tant cherché par la forêt du monde, '
Et tra ! tralérala ! , . • ' '
Par la forêt du monde.
Qu’ils sont venus au pied d’une tour forte, Sans escalier, sans fenêtre et sans porte, Et tra ! tralerala !
Sans fenêtre et sans porte.
• Jeune beauté se tient sur la muraille,, El de ses yeux leur sourit et les raille, Leur sourit et les raille.
Son œil ressemble à la mer qui sommeille.
Et son sourire au flot blanc qui s’éveille.
Et tra ! tralerala !
Au flot blanc qui s’éveille.
.Blanche est sa robe, et blanche sa poitrine, Comme s’il eût neigé sur l’aubépine,
Et tra ! tralerala !
Neigé sur l’aubépine !
De ses cheveux, une fleur se dénoue :
Quelle est la fleur, ou la rose, ou la joue?
Et tral tralerala !
Ou la rose ou la joue?
Ainsi riant, vers eux elle se penche.
L’un de ses bras accoudé sous la manche.
Et tra ! tralerala !
Accoudé sous la manche.
« Dame, dit l’un, sur la terre et sur l’onde J’ai fait le tour, j’ai fait le tour du monde.
J’ai fait le tour du monde.
» Mais à vos pieds, parmi tout ce qui brille, Rien ne vous va pas même à la cheville,
Et tra I tralerâla l .
Pas même à la çheville.
» J’ai cependant rapporté dans mon coffre Cent raretés; prenez, je yous les* offre,
■ Et tra 1 tral0rala !
prenez, je vous leS offre.
y> Sur mon bâton sont inscrits mes voyais ; . Je vous ferai voir tous ces beaux- rivages.
Et tra ! tralerala ! . < .
• Voir tous ces beaux rivages.' •
» Au gré du vent sur l’élément liquide, Ou sur lès monts, je serai votre guide, Et tra I tralerala ! • ‘
Je. serai votre guide.
» — Beau voyagèur, tout voir bien peu me tente, Et de ma vue ici je me contente, ' ;
.• Et tra 1 tralerala I
Ici je me conteritQ : • ’
» Là-bas, la mer, où les vents sont en plaine ; ; • Ici, les bois, qui leur font. perdre.haleine, .
.Et tra ! tralerala ! ’ ' \ ■
QuUôur font perdre haleine.
» En haut, le ciel : il n’ymanqu^ l’espace 1
En bas èh.bien, le voyageur -qui passe,
Et tra ! tralerala !■ . • '
Le voyageur qui passe.
» — Par mon bâton ! car mon.bàtôn est fée, '
Il portera votre nom pour trophée,
Ef tra ! tralerala ! • /
Votre nom pour trophée. • . ‘
» Tant votre tour orgueilleuse soit-elle, Pour lui, pour moi, ce n’est que bagatelle,
Ce n’est que bagatelle.
» Nous avons vu, tous deux, bien d’autres cimes, Où, triomphants, enfin nous nous assîmes.
Et tra ! tralerala !
Enfin nous nous assîmes. »
Il dit, et fait dans le mur une entaille,
Y pose un pied, et grimpe à la muraille,
Et tra 1 tralerala !
Et grimpe à la muraille.
A son bâton, qu’il plante dans la roche,
Il se suspend, toujours plus haut s’accroche. Et tra ! tralerala !
Toujours plus haut s’accroche.
Mais son bâton, soudain, craque et se casse.
Et le voilà qui n’a plus son échasse,
Et tra ! tralerala 1 Qui n’a plus son échasse.
Contre le mur il glisse, il dégringole.
Et notre belle en rit comme une folle,
En rit comme une folle.
« Pour vous guérir, beau conquérant' superbe, * Dans la forêt cherchez quelque bonne herbe !
Et Ira 1 tralerala !
Cherchez quelque bonne herbe ! »