‹ Les chansons du soirChapitre 21 sur 36 · SUR LÉ THÈME · texte numérisé non relu

SUR LÉ THÈME

« Trois chevaliers revenant de la guerre. »

Trois beaùx garçons s’en allaient par le monde, Allaient rpulanl.sur la machine ronde,

Et tra 1 tralerala 1 Sur la machine ronde.

A l’un son père a dit: « Prends cette canne.

Vois du pays, et ne sois pas un àne, .

Et tra ! traleràla !

Et ne sois pas un âne !» ’ .

Son oncle à l’àutre a.dit : •« Prends cette bourse, Pour la remplir n’épargne aucune course-.

Et tra ! tralérala !

• ■ N’épargne aucune ‘course. »

A l’autre, enfin, sa mère, vieille et triste,

A dit" t( Mon fils, hélas ! -que Dieu t’assiste !

Et tra I tralérala !

Hélas ! que Dieu t’assiste ! -» ■

Ont tant marché par la forêt profonde,

Ont tant cherché par la forêt du monde, '

Et tra ! tralérala ! , . • ' '

Par la forêt du monde.

Qu’ils sont venus au pied d’une tour forte, Sans escalier, sans fenêtre et sans porte, Et tra ! tralerala !

Sans fenêtre et sans porte.

• Jeune beauté se tient sur la muraille,, El de ses yeux leur sourit et les raille, Leur sourit et les raille.

Son œil ressemble à la mer qui sommeille.

Et son sourire au flot blanc qui s’éveille.

Et tra ! tralerala !

Au flot blanc qui s’éveille.

.Blanche est sa robe, et blanche sa poitrine, Comme s’il eût neigé sur l’aubépine,

Et tra ! tralerala !

Neigé sur l’aubépine !

De ses cheveux, une fleur se dénoue :

Quelle est la fleur, ou la rose, ou la joue?

Et tral tralerala !

Ou la rose ou la joue?

Ainsi riant, vers eux elle se penche.

L’un de ses bras accoudé sous la manche.

Et tra ! tralerala !

Accoudé sous la manche.

« Dame, dit l’un, sur la terre et sur l’onde J’ai fait le tour, j’ai fait le tour du monde.

J’ai fait le tour du monde.

» Mais à vos pieds, parmi tout ce qui brille, Rien ne vous va pas même à la cheville,

Et tra I tralerâla l .

Pas même à la çheville.

» J’ai cependant rapporté dans mon coffre Cent raretés; prenez, je yous les* offre,

■ Et tra 1 tral0rala !

prenez, je vous leS offre.

y> Sur mon bâton sont inscrits mes voyais ; . Je vous ferai voir tous ces beaux- rivages.

Et tra ! tralerala ! . < .

• Voir tous ces beaux rivages.' •

» Au gré du vent sur l’élément liquide, Ou sur lès monts, je serai votre guide, Et tra I tralerala ! • ‘

Je. serai votre guide.

» — Beau voyagèur, tout voir bien peu me tente, Et de ma vue ici je me contente, ' ;

.• Et tra 1 tralerala I

Ici je me conteritQ : • ’

» Là-bas, la mer, où les vents sont en plaine ; ; • Ici, les bois, qui leur font. perdre.haleine, .

.Et tra ! tralerala ! ’ ' \ ■

QuUôur font perdre haleine.

» En haut, le ciel : il n’ymanqu^ l’espace 1

En bas èh.bien, le voyageur -qui passe,

Et tra ! tralerala !■ . • '

Le voyageur qui passe.

» — Par mon bâton ! car mon.bàtôn est fée, '

Il portera votre nom pour trophée,

Ef tra ! tralerala ! • /

Votre nom pour trophée. • . ‘

» Tant votre tour orgueilleuse soit-elle, Pour lui, pour moi, ce n’est que bagatelle,

Ce n’est que bagatelle.

» Nous avons vu, tous deux, bien d’autres cimes, Où, triomphants, enfin nous nous assîmes.

Et tra ! tralerala !

Enfin nous nous assîmes. »

Il dit, et fait dans le mur une entaille,

Y pose un pied, et grimpe à la muraille,

Et tra 1 tralerala !

Et grimpe à la muraille.

A son bâton, qu’il plante dans la roche,

Il se suspend, toujours plus haut s’accroche. Et tra ! tralerala !

Toujours plus haut s’accroche.

Mais son bâton, soudain, craque et se casse.

Et le voilà qui n’a plus son échasse,

Et tra ! tralerala 1 Qui n’a plus son échasse.

Contre le mur il glisse, il dégringole.

Et notre belle en rit comme une folle,

En rit comme une folle.

« Pour vous guérir, beau conquérant' superbe, * Dans la forêt cherchez quelque bonne herbe !

Et Ira 1 tralerala !

Cherchez quelque bonne herbe ! »

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