‹ Les chansons du soirChapitre 22 sur 36 · III · texte numérisé non relu

III

Le second dit : « Ecoutez ma supplique ;

Je suis un homme éminemment pratique^’

Et tra ! tfalerala ! ' ; '

Eminemment pratique.

' • • . * . - Achetezrvôus trois ceijts robes de soie.

Trois cents Colliers : j’en aurai de la joie, ' • Et trârt tralerala ! ' .

‘J’en aurai de. la joie.’ .. .

)) Bâtissez- vous des palais de plaisance, ’

Ou, jour et huit, on chante, on rie, on danse. Et' tra! Iralerala ! •

On chante, on rie, on. danse.

• '» Et tout d’abor.d, pour nç* pas être vague, ■

A votre doigt mettez’ donc cette bague.

Et tra ! tralerala ! * ,

Mettez donc cette b^ue.

B De diamants elle est tout égayée : '

Vingt mille écusje l’ai, ma foi, payée, * '

Et tra ! tralerala J ^

Je l’ai, ma foi, payée !

B — Pouf diamants, j’ai mes fleurs de montagne,

Et pour châteaux mes châteaux én Espagne,

Et tra ! tralerala!

• Mes châteaux eh Espagne. . ’

B J’ai, pour chanteurs, le bouvreuil et le merle. Et la fauvette avec sa voix de perle,.

Et trâ ! tralerala !. • .

Avec sa voix de perle. ' •

» Ainsi, monsieur l’homme de bien si riche, Gardez votre or, et n’en soyez pas chiche,

Et tra ! tralerala !

Et n’en soyez pas chiche.

» — L’or, reprend-il, est le roi de la terre, Roi de la paix, aussi roi de la guerre.

Et tra ! tralerala !

Aussi roi de la guerre.

» Rien ne le vaut pour les métamorphoses, Vous l’allez voir ! car je fais bien les choses, Et tra ! tralerala !

Car je fais bien les choses.

» J’sti fait couler, sur un nouveaù système.

Des canons d’or et des boulets de même,

Et tra i tralerala !

Et des boulets de même.

» En vain vos yeux me font rude sortie, Ces canons-là savent la repartie,

Et tra 1 trâlerala ! ,

Savent la repartie. »

Et ce disant, il les charge' sur l’heure De poudre d’or, c’est encor la meilleure.

Et tra 1 tralerala !

C’est encor la meilleure.

Contre la tour il en tire à mitraille ;

Mais il en est pour ses frais de bataille.

Et tra ! tralerala !

Pour ses frais de bataille.

« Oh! dit la belle, oh ! je vous rends justice. Oh ! quel beau feu, quel beau feu d’artifice, Et tra ! tralerala !

Quel beau feu d’artifice !

ï» Gourez apres^ courez, ]e vous en prie,

Après votre or, qui gît dans la’prairié,

Et tra ! tralerala !

• * *" Qui gît dans la prairie.'

» Peut-être un jour irez-vous aui: béquilles ;

Rainassez donq votre sac et vos quilles,

• Et tra 1 tralerala ! ‘ ^

Votre sac et vos quilles..»

Et là-dessus, sans honte, et sans rancune, .

Ses balles d’or il ramasse une à une,'.

Et tra ! tralerala ! .

•Il ramasse une à une.

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