‹ Les chansons du soirChapitre 28 sur 36 · AU DELA · texte numérisé non relu

AU DELA

Il est bien au delà du monde ,

Au delà,

Au delà,

Un lieu que nul regard ne sonde,

D’où rien ne sort qui nous réponde.

Mais où le cœur toujours vola.

Au delà,

Au delà.

Au delà du ciel de la terre,

Au delà,

Au delà ' .

Du dernier inonde planétaire.

Du dernier globe solitaire Qui de l’abîme s’éveilla.

Au delà,

Au délà.

Au delà de ce qu’on espère.

Au delà,

Au delà.

De ce qui fuit et qu’on préfère,

De ce qui vient sans satisfaire.

De ce qui n’est plus dès qu’on l’a.

Au delà.

Au delà, s

Au delà dé tout ce qu’on rêve.

Au delà.

Au delà

De ce qui commence et s’achève,

Au delà du vent qui l’enlève Lorsque nous disions : cc Le voilà ! »

Au 4elà, , ^

Au delà.

Au delà de tout ce qu’on ainîe,

Au delà,

• • • • • Au delà

De ce que là main cueille ou sème.

Au delà du bonheur lui-même.

Qui nous murmure encor cela :

fi Au delà,

• Au delà. »

Désespoir de notre pensée.

Au delà.

Au delà,

Recherche implacable, insensée.

Et du même coup commencée

Quand l’umvers se déroula '

\ Au delà,

Au delà.

Pôle invisible de notre être,

Au delà.

Au delà.

Quand te verrons-nous apparaître Sur cet océan du Peut être.

Dont toujours le bord recula ^Au delà.

Au delà;

O toi ! qui partout nous appelles Au delà.

Au delà.

Pour ces demeures éternelles Quand aurons-nous enfin des ailes Que nous puissions nous poser là.

Au delà.

gaîté. ,

A M"* Emma

On prétend que je suis triste, Emma, vous m’en accusez. .

Eh bien, rien ne vous résiste, Les nuages sont passés.

A votre voix ils s’envolent,

Dans les airs ils dégringolent Comme en un beau jour de mai Soyons gai !

Celte pure et douce brise ,

Nous rend le cœur plus léger. Et. notre ârae se sent prise Du désir de voyager.

Qu’importe à cette hirondelle ■ Qui s’enlève d’un coup d’âile, Telle autre au vol fatigué !

Soyons gai !

Nous prenons par la montagne, Et nous allons nous percher, Vieux rêveur, jeune compagne.

Sur notre banc de rocher.

Avant nous, sur cette pierre, Combien d’autres en. arrière ' Ont cru leur songe aussi vrai !

Soyons gai !

Oh ! le songe de la vie l *

Si pour nous il est le seul,

Qu’on s’y plonge et qu’on s’y fie

Comme on se fie au linceul !

Qu’importe que d’autres pleurent, Qu’importe que d’çiutres meurent !

Même sort nous est légué.

Soyons gai !

Vous méritez' d’être aimée,

Et plus d’un vous le dira.

Et la terre, alors charmée,

Autour de vous fleurira.

Je l’ai rêvée aussi belle.

Mais pour la moisson rebelle ^

En yain je me fatiguai.

Spyonsgaü'

O Gaîté ! joyeuse cime Du cœur qui va s’élevant,

O don vulgaire ou sublime !

Vulgaire le plus souvent;

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Oui, malgré tout, oui, je t’aime Malgré le sombre anathème Du Sort contre nous ligué.

Soyons gai 1

Mlle SANS- MALICE.

vi 'O'

Pour une grande fille Qui ne sait que jouer,

Je suis assez gentille, Mais, faut-il l’avouer ?

J’ai si peu de malice Que vraiment, je le croi.

Monsieur de la Palisse

En avait plus que moi.

Je suis sans conséquence Et n’ai pas dans les yeux ^ La muette éloquence

D’autres qui parlent mieux.

J’ai si peu de malice Que vraiment, je le croi.

L’onde qui court et glisse Babille naieux que moi.

Que mes yeux soient bleu tendre, Ce bleu-là n’est pas clair :

Ils ne font rien entendre.

Ils ne parlent qu’en l’air.

J’ai si peu de malice Que ma chatte, je croi.

Ouvre, plisse et déplisse Un œil bien mieux que moi.

Ma chevelure blonde Trop souvent, sur mon cou.

Dérive, onde après onde :

C’est' bête à rendre fou !

J’ai si peu de malice

Qu’un oiseau, je le croi.

Qui se lustre et se lisse,

Est mieux coiffé que moi.

Que de cheveux qui roulent •

D’un air bien plus coquet.

Mais qui, dit-on, s’écroulent,-

Le soir, sur le parquet t » . •

J’ai si peu de malice Qu’il me suffit, je croi.

Que ma main se remplisse De mes cheveux à moi.

On ne sait si ma joue Est rose ou blanche, mais La couleur qui s’y joue Ne la quitte jamais. .

J’ai si peu de malice Que j’aime mieux, je croi, Pour que rien n’en pâlisse, Mettre mon rouge à moi.

Je n’ai pas une taille Faite au tour, comme on sait :

Aussi, point de bataille Entre elle et mon corset.

J’ai si peu de malice Qu’une abeille, je crpi.

N’est pas plus au supplice Dans sa robe que moi.

Une jeune coquette Tend sa main à baiser :

Affaire d’étiquette.

Que l’on peut refuser.

J’ai si peu de malice >

Que je tiendrais, je croi, ’

Mes mains sous ma pelisse,

, 1 Si l’on venait à moi.

Lorsque l’on m’interroge,

Sans répondre, je ris ;

C’est ainsi qu’on déloge,

Me dit-on, les maris.

J’ai si peu de malice Qu’il me faut, je le croi.

Un rire qui jaillisse,

Pour s’entendre avec moi.

Il est vrai qu’up jeune homme Me lorgne tant qu’il peut,

Mais sans rien dire en somme ; Qu’est-ce donc qu’il me veut?

J’ai si peu de malice Que sur lui, je le croi.

Pas même la police N’en saurait plus que moi.

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Âh I s’il était aimable Aussi bien qu’il sourit ; Sans faire l’agréable, S’il avait de l’esprit ;

J’ai si peu de malice .

Que, lui n’étant, je croi.

Monsieur de la Palisse, Il en aurait- pour moi.

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