‹ Les chansons du soirChapitre 6 sur 36 · CHANSONS HELVÉTIQUES · texte numérisé non relu

CHANSONS HELVÉTIQUES

.. (Pour la Société de Bienfaisance à Paris.)

Quand no.us étions jeunes sur la montagne, Que! horizon s’étalait à nos yeux !

Et, dans les airs, quels châteaux en Espagne î Rêves d'a'zür, ou même d’un peu mieux.

D’azur ou d’or, de fumée ou; de flamme, Sont-ils tombés au souffle des autans ?

Restons, du -moins, jeunes de cœur et d’àme, *

Soyons amist comme on l’est ‘à vingt ans.

Eùt-il üilleurs trouvé des deux prospères,

; L’enfant des rnônts rêve aux lointains sorprnels'; L’adieij qu’il fit aiu pays de ses pères .

Lui laisse, au cœiir un écho pour jamais ; Comme celui qui, d’étage en étage,'

-Vibre aux parois des rochers palpitants, • Eveillez-vous, vieux échos du jeune âge!

Soyons amis comme on Test à vin^ ans.

Nous ayons, pris^ en quittant la montagne,

^ ■ • * A tous les vents. Chacun notre chemin :

L’un, le front haqt, que üétoile accompagne,

L’alitre, courbé,, le bâton à la main. ’

Plus d’un, hélas l.blême, la marche lourde,

Déjà s’affaisse, et tombe par instants, •

Approchons'- nous-y'tendons-lUi notre gourde.

Soyons amis comme on l’est à vingt ans.

Qu’ils soient du sort ou.d’^eux-rnèmes victimes, Réconfortons nos frères voyageurs.. •

Et nous croirons être encor sur les cimes,.

Foulant les airs, la rosée et les fleurs ;

Et des rochers la haute galerie,

L’orgue de pierre aux tuyaux éclatants,

Nous renverra l’hymne de la patrie,

Nos chants d’amis, comme on chante à vingt ans.

(Pour la même Société.)

Pays des monts et des libres pensées, .

Pays des lacs au cristal pur et clair,

N’est-ce pas toi, sur nos mains enlacées.

Qui fais courir un sympathique éclair?

Dans tous ces yeux j’ai de toi quelque imagé. Je t’y revois comme dans un miroir.

Pays des monts, sur un autre rivage^

Dans l’œil d’un frère il est doux de te voir.

Pays des monts, si jamais je t’oublie.

C’est qu’avant toi tout en moi s’oublîrait.

Quand mille maux m’auraient versé leur lie, De te revoir me les adoucirait.

Vieux souvenirs, c’ést toi qui les raOimes, Auprès d’amis quand je reviens m’asseoir.

Pays des monts", pays des hautes cimes,

Dans l’œil d’un frère il est doux de te voir. ^

Mais voyez-voufe-, battu des vents contr-aires,

Cet homme errant sans travail et sans pain.

Ses yeux aussi, car c’est un de nos frères, Rêvent aux lacs, aux giarids bois de sapin.

Ah ! tendons-liii notre main fraternelle !

Aidé, guidéj qU’il renaisse à l’espoir !

Pays des monts, qu’à nos cœurs il rappelle, Dans l’œil d’un frère il est doux de te voir.

( Pour la Société d'Harnionie. )

CHANT DQ RETOUR.

Au vallon qui penche Kt qlii tourne un peu, :

Une cime blanche,

Un coin, de lac bleu !

La voilà ! c’est elle Qui nous rit déjà,

La mère fidèle,

La terre si belle Que Dieu nous donna,

La voilà !

La voilà 1

Heureuse et douce rive, Nous que le sort en exila.

D’un gai qui-vive Saluons-la !

La voilà !

La voilà !

O toi qui t’élèves Libre dans les airs.

Pays de nos rêves,

Rêve des cœurs fiers; Citadelle sainte.

Nous revenons dans ton enceinte Respirer l’air pur De ton haut azur.

Souffle sauvage Des monts, des bois, Vent de l’alpage, Enflez nos voix I

Qu’ainsi nos chants aient de l’altière cime La majesté !

Qu’ainsi nos voix en aient l’écho sublime De liberté !

Et quand, plus doux, notre chant se repose.

Qu’il reste pur, comme aux flancs du rocher ' L’alpestre rose.

Que nulle main ne peut toucher !

Sur la montagne à la robe fleurie, Comme autrefois, venez ! asseyons-nous.

Ainsi, le soir, une mère chérie Tient ses enfants sur ses genoux.

Ohl qu’il est doux de le revoir; ô mère ■Qui noufe portas sur ton sein libre et fort. Qui nous soutins sur la terre étrangère Contre l’orage, et les luttes du sort !

Oh ! qu’il est doux, au chalet, sous l’éràble. De retrouver mieux que ton souvenir.

Ta vraie image, et grande et vénérable',- Kt fière et tendre, et prête à nous bénir !

Nous tfe voyons, nous repreno'ns la place

Que l’on nous garde au banqiiet fraternel. .

Frères et sœurs,, père, mère, on s’embrasse.

Oh’ ! qu’il est doux d’être là sous ton ciel !

Le plus beau voyage . Est vers ton lâvage.

Le plus doux espoir * . * . . ‘

. Est de s’y rasseoir. ; . - • •

La voilà I c]esl elle, • La mère fidèle,

La terre si belle Que- Dieu nous donna.

La voilà t La voilà 1

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