‹ Les chansons du villageChapitre 10 sur 27 · LE BRACONNIER · texte numérisé non relu

LE BRACONNIER

|P[UR mon épaule j'ai ma pioche JîDa Quand j’ vais 1’ soir du côté du bois, — Tapini, tapinois —

Et puis j’ mets un’ main dans un’ poche,

J’ n’ai l’air de rien, j’ suis un matois Qui connaît la friche et la plaine,

— La sombre dondaine!

Depuis longtemps, de long en long !

— La sombre dondon !

J’ sais les endroits où 1’ lièvre passe.

Et par quels trous il sort du bois ;

— Tapini, tapinois —

Mes collets d’ laiton n’ font pas d’grâce,

Et vous 1’ mett’ bien vite aux abois;

Je 1’ fourr 1 dans mon gilet de laine,

— La sombre dondaine !

Son beau poil n’a pas un grain d’plomb ;

— La sombre dondon !

Dans des fils de crin à répreuve J’attrapp’ de bons perdreaux aussi,

— Tapinois, tapini —

Ht la perdrix bien vite est veuve,

Parfois j’ la prends comm 1 son mari;

Tout’ ces plum’ là c’est bonne aubaine,

— La sombre dondaine !

Quand j’ n’ai personn’ sur mes talons — La sombre dondon !

Le garde un’ fois me dit : « Jean-Claude, Ah! si j' te r’pinc' c’est bien fini !

— Tapinois, tapini —

J’ sais bien c’ que tu cach’ sous ta blaude,

Je n* te dis rien pour aujourd’hui ! »

Aussi depuis c’ jour-là je m 1 gêne,

— La sombre dondaine!

Et je me méfi 1 d’ son pardon !

— La sombre dondon !

J’ pourrais p’t’êt prendre un permis d’chasse, Je songeott' là-d’sus quelquefois,

— Tapini, tapinois —

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