LE BRACONNIER
|P[UR mon épaule j'ai ma pioche JîDa Quand j’ vais 1’ soir du côté du bois, — Tapini, tapinois —
Et puis j’ mets un’ main dans un’ poche,
J’ n’ai l’air de rien, j’ suis un matois Qui connaît la friche et la plaine,
— La sombre dondaine!
Depuis longtemps, de long en long !
— La sombre dondon !
J’ sais les endroits où 1’ lièvre passe.
Et par quels trous il sort du bois ;
— Tapini, tapinois —
Mes collets d’ laiton n’ font pas d’grâce,
Et vous 1’ mett’ bien vite aux abois;
Je 1’ fourr 1 dans mon gilet de laine,
— La sombre dondaine !
Son beau poil n’a pas un grain d’plomb ;
— La sombre dondon !
Dans des fils de crin à répreuve J’attrapp’ de bons perdreaux aussi,
— Tapinois, tapini —
Ht la perdrix bien vite est veuve,
Parfois j’ la prends comm 1 son mari;
Tout’ ces plum’ là c’est bonne aubaine,
— La sombre dondaine !
Quand j’ n’ai personn’ sur mes talons — La sombre dondon !
Le garde un’ fois me dit : « Jean-Claude, Ah! si j' te r’pinc' c’est bien fini !
— Tapinois, tapini —
J’ sais bien c’ que tu cach’ sous ta blaude,
Je n* te dis rien pour aujourd’hui ! »
Aussi depuis c’ jour-là je m 1 gêne,
— La sombre dondaine!
Et je me méfi 1 d’ son pardon !
— La sombre dondon !
J’ pourrais p’t’êt prendre un permis d’chasse, Je songeott' là-d’sus quelquefois,
— Tapini, tapinois —