VOYAGE D’HIVER
P H ! quel givre et quelle bise Je ne suis pas fatigué,
Et la route que j’ai prise Est bonne au pied tout du long, Laridon !
Quand on s’en va dans la ville Pour y conclure un marché,
O gué !
Ne faut pas avoir de bile.
Pour être un bon maquignon, Laridon !
Le froid souffle dans ma blaude.
Luisante en sa nouveauté,
O gué !
La mâtine n’est pas chaude.
Mais dessous l’habit est bon, Laridon !
Et puis, au prochain village,
A l’auberge j’entrerai,
O gué !
Pour me donner du courage Je veux du vin, et du bon, Laridon !
Puis je casserai la croûte En buvant à ma santé,
O gué !
Rien n’abrège notre route Comme un coup de piqueton, Laridon !
Si je trouve une voiture.
Derrière je m’asseoirai,
O gué !
Jusqu’à ce que la froidure Fasse signe à mes talons, Laridon !