LE VIEUX MALCONTENT
P ES ch’mins d’fer, les machin’ à battre, Non, ça ne vaut pas not’ bon temps;
Si l’on s’ donnait du mal comm’ quatre, Nous étions tretous mieux portants !
On marchait ! — faut q’ la jamb’ travaille, — On n’ demeurait pas empoté,
Et qu’il aill’ droit ou qu’il déraille,
L’ wagon n’ vaut rien pour la santé !
En été, c’est tout comme un’ boîte ;
On y cuit, on s’ réduit en eau ;
En hiver, la bis’ vous y fouette A travers les fent’ du carreau;
La femm’ frileus’ s’y ratatine, L’homm’ bat la s’mell’ à grand fracas
Sur le fer blanc d’un’ long 5 machine
Où y a de l’eau froid 5 qu 5 on n 5 leur chang 5 pas
D 5 mon temps nous trottions dans la neige Avec de gros souliers à clous Dont les s’mell 5 n’étaient pas en liège Comm’ ceux qu’on colport 5 par chez nous !
Nous battions l 5 blé dedans la grange,
A tour de bras, bien avant l 5 jour,
On s’ disait : « C’est mon pain que j’ mange, J 5 l’ai travaillé avec amour! »
Aux gas d’à-présent, mauvais 5 graine,
Vans et fléaux, ça leur fait peur ;
Quand i’ faut q 5 la gerbe s’égrène,
C’est dans un fourbi à vapeur !
On veut* des ais’ de toutes sortes ;
Les malins dis’ que c’est Y progrès;
Moi j’ trouv’ que les femm 1 sont moins fortes Et q 5 les p’tits gâch’nots sont moins frais !
Les gens sav’ lir’ dans les gazettes, Pourtant ça n’ les rend pas contents !