LES CONSCRITS
| AUDRA bientôt quitter nos blaudes, Nos casquettes et nos sabots,
— C’est Barnabi, c’est Barnabo —
Las moi ! nous n’aurons plus de gaudes, Mais de l’eau claire et du rata !
— Et rantanplan, taratata! —
Faudra z’aussi quitter nos belles Après l’échange des anneaux,
— C’est Barnabi, c’est Barnabo — Nous n’aimerons pas d’autres qu’elles Lorsque nous serons tous là-bas !
— Et rantanplan, taratata ! —
Adieu la vigne et la charrue,
Nos prés, nos bœufs et nos chevaux !
— C’est Barnabi, c’est Barnabo —
On disait : « Dia ! » on disait : « Hue !
A présent faut marquer le pas !
— Et rantanplan, taratata ! —
Un jour nous partirons en masse,
Nous serons par monts et par vaux ;
— C’est Barnabi, c’est Barnabo —
On ira crever la paillasse
A des gens qu’on ne connaît pas !
— Et rantanplan, taratata ! —
Tout un chacun a sa patrie,
Gardons la nôtre comme il faut,
— C’est Barnabi, c’est Barnabo —
Car la France serait périe
Si ses enfants n’étaient pas là !
— Et rantanplan, taratata ! —
Puisque ces gueusards d’Allemagne Veulent toujours causer trop haut
— C’est Barnabi, c’est Barnabo — Faudra tous passer la montagne.
Pour taper dessus en soldats.
— Et rantanplan, taratata ! —