LA PROMISE DU SOLDAT
P ON bon ami sert sa patrie.
Il est parti, tambours battants,
Me disant : « Jeanne, je t'en prie, Jeanne, ne pleure pas, attends Que j’aie un jour fini mon temps. »
Il est parti pour la grand’ ville,
Il m’écrivait fidèlement ;
Et moi, bien triste, mais tranquille, J’attendais toujours le moment Où me reviendrait mon amant !
Lon Ion la, je chante ma peine Aux forêts, aux champs, à la plaine.
Mais les merles joyeux Babillent au bord de l’eau claire,
Lon lon 1ère,
Et le soleil rit dans les deux !
Pour moi tout n est plus que souffrance Car voici déjà bien des soirs,
Qu’il est loin, bien loin de la France Et loin de mes tristes espoirs,
Au pays des Pavillons-Noirs !
Lon Ion la, je chante ma peine Aux forets, aux champs, à la plaine, Mais les merles joyeux Babillent au bord de Peau claire,
Lon lon 1ère,
Et le soleil rit dans les cieux!
Peut-être là-bas, sous les armes, Mourra-t-il avant son congé !
Ah ! coulez sans honte, ô mes larmes, Car chacun sait bien ce que j’ai En voyant combien j’ai changé !