L’ORGUEILLEUSE
UAND je vais à la fontaine,
— Lanti, lantaine, — Puiser de l’eau,
— Lanti, lanto, —
Avec ma jup’ de futaine,
J’entends dir’ : « Laiss’ point passer Le temps de t’ faire épouser ! »
Il me faut un 1 bonne aubaine,
— Lanti, lantaine, —
Mon cœur est chaud,
— Lanti, lanto, —
Mais j’ veux pas m’ mett’ dans la peine En épousant quéq’ beau gas Qui n’ait q' son cœur et ses bras !
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Q. les pauvress' ramass' la faîne — Lanti, lantaine, —
Au bois cT là-haut,
— Lanti, lanto, —
J'aim' mieux faner à la plaine,
Dans les prés larges et grands,
Q* mon homirf tiendra d’ ses parents !
Au logis j' fil'rai la laine
— Lanti, lantaine, —
De son troupeau,
— Lanti, lanto, —
J 1 veux des vign’ à la douzaine Et des vign'rons à mon goût,
Qui la travailT mieux q" partout!
Mes enfants ï faut qu’i' devienne 1 ,
— Lanti, lantaine, —
Gens comme il faut,
— Lanti, lanto, —
Gratter la terr 1 , c'est trop d 1 peine !
Et tous les garçons qu’ j'aurai SVont maît' d'école ou curé !
LE VIEUX SOLDAT
LE VIEUX SOLDAT
| AI mis au fond d’mon armoire Ma capote et mes galons,
Nom de nom !
Je ri suis pas fort en histoire,
Mais je m’ dis souvent tout bas Q1 ceux d’aujourd'hui n’ nous val 1 pas
J’ai vu les Russ’ en Crimée; C'étaient de rud’ gas au feu, Sacrebleu !
Puis j’ m’en souviens ! quell’ fumée Quand on s J canardait recta Dans V cim’tière d’Magenta !
Enfin avant la grand’ guerre,
Je n’ connaissais pas Y Prussien, Nom d’un chien !
J’en ai mis plus d’un par terre,
Et j’ bondissais au clairon Comme un vieux ch’val sous l’ép’ron !
Paraît qu’on les craint encore Et qu’i’ vous prenn’ de grands airs, MilP tonnerres !
Voyez-vous, mon sang m’ dévore Quand j’ songe aux casques pointus Qui nous croient toujours battus !
Faudra pourtant q’ ça finisse,
Et qu’on s’ sente enfin chez soi.
Sabre d’bois !
Les froussards ont la jaunisse,
Mais moi, quoiq’ je sois bien bas,
Je tap’rais encor’ dans Y tas !
Les Bismarck et les Guillaume,
Tout’ cett’ cliq’ c’est pas des dieux !
Sacrebleu !
Et nous, somm’s-nous des fantômes ?
Si nos pèr’s cessaient d'êt’ morts,
I’ fich’raient tout ça dehors !
LE VIEUX SOLDAT
Mais qu’ voulez-vous ! trop cT bien être Cliang’ les homm’ en oublieux,
Mille dieux !
Moi j’ voudrais, ô mes ancêtre' !
Voir de fac 1 , comme à Valmy, Les derrièr’s de l'ennemi !
Ln attendant j 1 fum 5 des pipes Devant ma port 1 , sur un banc,
Bribranbran !
J ennui les gens d’mes principes, PYêt bien que je n 1 s’rai plus là
Quand la Franc 1 se réveilPra !