‹ Les chansons du villageChapitre 21 sur 27 · L’ORGUEILLEUSE · texte numérisé non relu

L’ORGUEILLEUSE

UAND je vais à la fontaine,

— Lanti, lantaine, — Puiser de l’eau,

— Lanti, lanto, —

Avec ma jup’ de futaine,

J’entends dir’ : « Laiss’ point passer Le temps de t’ faire épouser ! »

Il me faut un 1 bonne aubaine,

— Lanti, lantaine, —

Mon cœur est chaud,

— Lanti, lanto, —

Mais j’ veux pas m’ mett’ dans la peine En épousant quéq’ beau gas Qui n’ait q' son cœur et ses bras !

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Q. les pauvress' ramass' la faîne — Lanti, lantaine, —

Au bois cT là-haut,

— Lanti, lanto, —

J'aim' mieux faner à la plaine,

Dans les prés larges et grands,

Q* mon homirf tiendra d’ ses parents !

Au logis j' fil'rai la laine

— Lanti, lantaine, —

De son troupeau,

— Lanti, lanto, —

J 1 veux des vign’ à la douzaine Et des vign'rons à mon goût,

Qui la travailT mieux q" partout!

Mes enfants ï faut qu’i' devienne 1 ,

— Lanti, lantaine, —

Gens comme il faut,

— Lanti, lanto, —

Gratter la terr 1 , c'est trop d 1 peine !

Et tous les garçons qu’ j'aurai SVont maît' d'école ou curé !

LE VIEUX SOLDAT

LE VIEUX SOLDAT

| AI mis au fond d’mon armoire Ma capote et mes galons,

Nom de nom !

Je ri suis pas fort en histoire,

Mais je m’ dis souvent tout bas Q1 ceux d’aujourd'hui n’ nous val 1 pas

J’ai vu les Russ’ en Crimée; C'étaient de rud’ gas au feu, Sacrebleu !

Puis j’ m’en souviens ! quell’ fumée Quand on s J canardait recta Dans V cim’tière d’Magenta !

Enfin avant la grand’ guerre,

Je n’ connaissais pas Y Prussien, Nom d’un chien !

J’en ai mis plus d’un par terre,

Et j’ bondissais au clairon Comme un vieux ch’val sous l’ép’ron !

Paraît qu’on les craint encore Et qu’i’ vous prenn’ de grands airs, MilP tonnerres !

Voyez-vous, mon sang m’ dévore Quand j’ songe aux casques pointus Qui nous croient toujours battus !

Faudra pourtant q’ ça finisse,

Et qu’on s’ sente enfin chez soi.

Sabre d’bois !

Les froussards ont la jaunisse,

Mais moi, quoiq’ je sois bien bas,

Je tap’rais encor’ dans Y tas !

Les Bismarck et les Guillaume,

Tout’ cett’ cliq’ c’est pas des dieux !

Sacrebleu !

Et nous, somm’s-nous des fantômes ?

Si nos pèr’s cessaient d'êt’ morts,

I’ fich’raient tout ça dehors !

LE VIEUX SOLDAT

Mais qu’ voulez-vous ! trop cT bien être Cliang’ les homm’ en oublieux,

Mille dieux !

Moi j’ voudrais, ô mes ancêtre' !

Voir de fac 1 , comme à Valmy, Les derrièr’s de l'ennemi !

Ln attendant j 1 fum 5 des pipes Devant ma port 1 , sur un banc,

Bribranbran !

J ennui les gens d’mes principes, PYêt bien que je n 1 s’rai plus là

Quand la Franc 1 se réveilPra !

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