‹ Les chansons joyeusesChapitre 1 sur 64 · LES · texte numérisé non relu

LES

Le monde antique avait formé des dieux A son image, éclatants et terribles ; Mais Von sentait que ces grands invisibles Sur leur Olympe étaient beaux et joyeux.

Pour saluer ses immortels, la Grèce, Portant la coupe à ses lèvres de miel, D'une voix forte a chanté vers le ciel Un long cantique éperdu d'allégresse.

Que le passe dorme son lourd sommeil!

Prenons la vie en ses métamorphoses :

Mais je regrette et les vers et les roses Que ce temps-là vit naître au grand soleil.

Or un vent noir, qui souffla de Judée, Voila de deuil le souriant ciel bleu ; IJ humanité, soupirant vers son Dieu, De pleurs de sang eut la face inondée.

Elle perdit le rire éblouissant Quelle avait eu dans ses beaux jours de fête, Et tu la vis, toi, son dernier Prophète, Tendre son cœur pour recueillir ton sang.

Voilà longtemps que ce sang^ goutte à goutte, S'infiltre en nous et fait blêmir nos chair « ; Mais aujourd'hui notre vieil univers A faire un dieu sait bien ce qu'il en coûte;

Moines tondus aux yeux hagards et creux, Fouaillovous donc au fond des cloîtres mornes Le ciel est libre, éclatant et sans bornes, Et nous avons des ailes d'amoureu t.

Éperdument, comme des hirondelles, La joie au cœur, et l'œil baigné d'azur, Nous volerons à travers Véther pur, Dans le soleil, avec de grands bruits d'ailes.

Et nous irons vers les horizons d'or, Le front perdu dans la lumière blonde, Pour nous remplir des ivresses du monde. Tant que pourra nous porter notre essor.

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