AMOURS AU VENT
Quand l'hiver tremblotant comme un vieil imbécile Devant Mai le siffleur tournera les talons, Nous vivrons en plein air la vie ample et facile, Sans distinguer les blés d'avec tes cheveux blonds.
Mes chansons reprendront leur course échevelée, Heureuses de sortir enfin du noir exil; D'oiseaux notre foret sera toute peuplée, Et la vie est si bonne au gai soleil d'avril !
LES CHANSONS JOYEUSES. I if.
Nous, sans mélancolie et sans afféterie,
Nous nous aimerons bien l'espace d'un couchant;
L'herbe sera profonde, éclatante et fleurie,
Et nous boirons ensemble aux clairs ruisseaux d'argent.
Nous nous accouplerons comme de simples lièvres, Dans la naïveté des faunes d'autrefois : Tudieu, comme je vais baiser tes belles lèvres, Et comme nous ferons l'amour, au fond des bois !