‹ Les chansons joyeusesChapitre 13 sur 64 · RITOURNELLE NORMANDE · texte numérisé non relu

RITOURNELLE NORMANDE

Ma chanson, sois comme une fleur D'éclatante et pourpre couleur Au milieu des rimes dorées ; Comme dans les blés d'or de Caux, Etalant leurs faces pourprées, Montent les grands coquelicots.

Sous le col ayant mes deux mains, Je me couche par les chemins ;

Au loin quelque chose qui bouge, Soit crête de cocorico, Soit vivante escarboucle, est rouge Comme un sanglant coquelicot.

Je n'ai pas un cœur de rocher!

J'ai vu lentement s'approcher Le petit point rouge qui brille : Ha chanson, va dire à l'écho Que c'est un chaperon de fille Plus rouge qu'un coquelicot.

Bonjour, la belle au pot au lait !

Invite-moi donc, s'il te plaît,

A manger tes lèvres de fraise :

Je payerai bien mon écot !

Mon cœur, n'étant plus qu'une braise,

Est couleur de coquelicot.

Je la regardais ébloui :

De l'œil elle me disait oui, Avec un geste qui refuse.

Et Camargo, j'entends Margot, Était là devant moi, confuse, Rouge comme un coquelicot.

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