APRES
Oui, vous êtes royale, el, sans flatter, madame. Votre sourire est plein de miel et de soleil. Votre teint pâle fait paraître un teint vermeil Banal; vous êtes, bref, une charmante femme.
Vous n'avez jamais ri de moi, de moi, l'infâme, Aux mendiants tout nus des grands chemins pareil, Et pour moi vos regards, dans un demi-sommeil, Luisent sous vos grands cils comme une sombre flamme.
Et pourtant, je vous quitte. Au vent du ciel mauvais, La mandoline au dos, loin de vous je m'en vais : J'ai des chansons encor, que voulez-vous, madame?
Je vais tendre la main au seuil des vieux manoirs. Je ne vous dis pas, moi, que vous n'ayez point d'àme ; Mais je ne comprends pas les femmes aux yeux noirs.
LES CHANSONS JOYEUSES. i87