CHARPENTIER ET C'% LIBRAIRES-ÉDITEURS
28, QUAI DU LODYRE, 28
Ton* droits résçrv^-
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Le monde antique avait formé des dieux A son image f éclatants et terribles ; Mais Von sentait que ces grands invisibles Sur leur Olympe étaient beaux et joyeux.
Pour saluer ses immortels, la Grèce, Portant la coupe à ses lèvres de miel, Uune voix forte a chanté vers le ciel Un long cantique éperdu d'allégresse.
Que le passé dorme son lourd sommeil!
Prenons la vie en ses métamoryihoses :
Mais je regreUe et Us vers et les roses Que ce temps-là vit naître au grand soleil.
Or un vent noir, qui souffla de Judée, Voila de deuil le souriant ciel bleu ; IJ humanité, soupirant vers son Dieu, De pleurs de sang eut la face inondée.
Elle perdit le rire éblouissant Qu'elle avait eu dans ses beaux jours de fête, Et tu la vis, toi, son dernier Prophète, Tendre son cœur pour recueillir ton sang.
Voilà longtemps que ce sang, goutte à goutte^ Sinfiltre en nous et fait blêmir nos chain ■ Mais aujourd'hui notre vieil univers A faire un dieu sait bien ce qu'il en coûte.
Moines tondus aux yeux hagards et creux^ FouailleZ'VOUs donc an fond des cloîtres mornes ; Le ciel est libre, éclatant et sans bornes, Et noiis avons des ailes d* amoureux,
Éperdument, comme des hirondelles, La joie au cœur, et Vœïl baigné d'azur.
Nous volerons à travers Véther pur.
Dans le soleil^ avec de grands bruits d'ailes.
Et nous irons vers les horizons dor, Le front perdu dans la lumière blonde. Pour nous remplir des ivresses du monde.
Tant que pourra nous porter notre essor.