‹ Les chansons joyeuses: poésiesChapitre 14 sur 65 · RITOURNELLE NORMANDE · texte numérisé non relu

RITOURNELLE NORMANDE

Ma chanson, sois comme une fleur D'éclatante et pourpre couleur Au milieu des rimes dorées ; Comme dans les blés d'or de Caux, Étalant leurs faces pourprées, Montent les grands coquelicots.

Sous le col ayant mes deux mains.

Je me couche par les chemins ;

Au loin quelque chose qui bouge, Soit crête de cocorico, Soit vivante escarboucle, est rouge Comme un sanglant coquelicot.

Je n'ai pas un cœur de rocher ! • J*ai vu lentement s'approcher Le petit point rouge qui brille :

Ma chanson, va dire à l'écho Que c'est un chaperon de fille Plus rouge qu'un coquelicot.

Bonjour, la belle au pot au lait !

Invite-moi donc, s'il te plaît,

A manger tes lèvres de fraise :

Je payerai bien mon écot !

Mon cœur, n'étant plus qu'une braise.

Est couleur de coquelicot.

Je la regardais ébloui :

De l'œil elle me disait oui.

Avec un geste qui refuse.

Et Camargo, j'entends Margot, Était là devant moi, confuse.

Rouge comme un coquelicot.

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