‹ Les chansons joyeuses: poésiesChapitre 8 sur 65 · TII · texte numérisé non relu

TII

Titania m*a dit : « Sans cesse Mon regard t'enveloppera.

Et rîmpérissable jeunesse Sur ton grand front resplendira.

(( A toi la gloire, à toi la vie.

Et l'auréole d'or des dieux !

Mais iriens, car la nuit nous convie A fêter cet amour joyeux.

« Les lis ont une toile ourdie Pour là couche de mon vainqueur ; Oiseaux, versez la mélodie Sur le bien-aimé de mon cœur! i»

vui

Donc, la reine de fantaisie

M'a bercé dans ses bras tremblants ;

J'ai vu l'astre de poésie

Poindre au bout de ses deux seins blancs.

Mais sur sa prunelle » royaume Où règne un fauve rayon d'or, L'on a versé peut-être un baume Qui l'enamoure d'un butor, ); ^'^^'^

Et peut-être aussi, Dieu me damne !

Que Puck m'affubla d'un bonnet • Stupide et gigantesque d'âne, Quand j'eus fait mon premier sonnet.

Demain matin, loin de ma reine Si ce cher cauchemar s'enfiiit, Oh ! qu'elle aura pour moi de haine, M'ayant adoré cette nuit !

Alors, adieu mon divin rêve, ma gloire immortelle, adieu.

S'il faut que Bottom je me lève.

Las ! après m'être endormi dieu !

Mais je suis heureux, fée exquise.

Puisque à tes pieds j'ai pu m'asseoir.

Et que tu m'as fait, à ta guise, Amoureux et poète un soir !

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