CHANT DE PAIX
(Musique de Winter. — 1857.)
Dans la plaine un doux murmure S'éveille au vent du matin ; La nuit même , à peine obscure , Répète un concert lointain.
Vers la terre qui repose Et fleurit comme une rose , Des hauts cieux voilés d'azur Il vient un chant vague et pur.
Chant de paix , fraîche harmonie !
Voix de Tâme à l'âme unie !
C'est un hymne, chaque jour, D'espoir, de vie et d'amour.
Tout est calme et sans nuage.
Père, mère, enfans, aïeul, Sont assis , après l'ouvrage , Sur le banc, sous le tilleul; L'arbre en fleur, de son grand dôme Rafraîchit Tair qu'il embaume , Et vers son feuillage noir Bientôt monte un chant du soir.
Chant de paix , tendre harmonie !
Voix de l'àme à l'âme unie !
Comme un cercle sur les eaux , Etends au loin tes échos.
Unis-toi , terre fleurie , A cet hymne fraternel !
Et formons de la patrie Le chœur saint, universel.
Nous , ses fils, disons sa gloire !
Âssurons-en la mémoire !
Et jusqu'au sommet des temps Qu'elle monte dans nos chants !
Chant de paix , grande harmonie !
Voix de l'âme à l'âme unie !
Ouvre au ciel ton aile d'or.
Au ciel porte un seul accord.
PROMENADE DE NliïT
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Brûlans pensers du jour , éteignez-vous ! Laissons , amis , tomber leurs noires flammes ; À ce vent frais , laissons flotter nos âmes , Et dans les prés , dans les bois sauvons-nous !
Le lac d'argent soupire avec la nuit , Un chant d'amour descend de la colline , L'air, qui s'embaume , efieuille l'églantine , Un astre pur nous voit et nous conduit.
De la forêt qui vient de s'animer , Sort une voix mystérieuse et tendre; Le ciel vers nous semble prêt à descendre , Le ciel nous dit aussi de nous aimer.
Pour qui nos chants , pour qui , répondez-moi ,
S'ëlèvent-ils pendant la nuit sereine?
Où s'en vont-ils , quand le vent les entraîne?
Reine des monts et des lacs , c'est vers toi !
Etait-ce toi , reine des lacs si doux , Que sur les flots nous avons aperçue?.... Mais tu t'enfuis , comme une blanche nue ; Fille des monts , viens encor ! viens vers nous !
0 nuit pensive ! Amitié ! doux inàtans ! De la Patrie ombre mystérieuse !
Songes portés par la brise amoureuse 1 Elans de l'âme ! ô Jeunesse ! ô Printemps !
Je voudrais vivre au bois comme un oiseau , Gomme une fleur coucher dans la prairie , Et m'endormir , mêlant ma rêverie Aux mots confus , chantés par le ruisseau.
A flots légers , sous l'ombrage incertain , S'écoule encore un murmure de vie , Faible soupir , rêveuse mélodie , Que seule entend l'étoile du matin.
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