A MON AMI M* D
-^--B^Si
Quand l'inquiet souci de la journée active  coups pressés vous a lentement accablé ; Quand la paix, le loisir, comme une aimable rive, Semblent fuir votre cœur , en faire un exilé ,
Pensez à ce soleil qui se rit des tempêtes Et fondra le nuage amassé sur nos fronts , A tant de biens divers qui pendent sur nos têtes , Et qu'à l'heure opportune un jour nous cueillerons.
Pensez au glacier blanc , étincelant et ferme , Où le ciel même aiguise et polit son azur , Et qui toujours souillé , se nettoyant sans terme , Voit sur lui s'acharner quelque chose d'impur.
Pensez au souvenir , pensez à l'espérance ,
À tant d'êtres si chers , désirés , obtenus ,
A leur égale part de lutte et de souffrance ,
A ceux que l'on peut perdre, à ceux qu'on a perdus.
A qui veut nous sauver du ténébreux empire Où l'àme se tourmente et s'étourdit de peu , A celui vers qui tout , ici-bas , tout soupire , A celui-là pensez, ami, pensez à Dieu.