LA REINE DU BAL
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Du bal dis-nous quelle est la reine , 0 toi le plus fin connaisseur, Toi dont le regard se {uromène Au bal sans y laisser ton cœur !
Etre reine
Un jour, Souveraine
D'amour !
Est-ce, là-bas?... vois cette blonde.
Ces bras si beaux, ce teint charmant ; Un air d'enfant et du grand monde :
C'est bien la rose à son moment.
Etre reine Un jour.
Souveraine D'amour !
Ou , là , cette autre , plus légère , Plus sémillaute qu'un oiseau ; Un air de fée et de bergère :
Ou bien ce lys au bord de l'eau?
Etre reine
Un jour, Souveraine
D'amour !
Ce lys penché, rêveur et tendre , Aussi pur que le pur matin , Mais qui demande et croit entendre Un chant d'amour toujours lointain?
Etre reine
Un jour.
Souveraine
D'amour !
Ou bien encor cette autre belle A l'œil de feu , prompt et jaloux?
Ou bien , sous l'étoile immortelle , Ce front qui brille pur et doux?
Etre reine
Un jour, Souveraine
D'amour !
Dis-tu peut-être : — « La plus belle , » Vous n*avez su la deviner, » Mais qui mieux aime , voilà celle )) Que nous devons tous couronner? »
Etre reine
Un jour, Souveraine
D'amour !
Non , toujours non? alors de grâce?...
— Amis , voyez là-bas , au fond , Seule , immobile et , de sa place , Sur nous jetant les yeux en rond. . .
Etre reine
Un jour, Souveraine
D'amour!
Voyez cette figure blême ,
Ce regard terne et qui fait mal :
A celle-là le diadème !
Voilà Dotre reine du bal !
Etre reine
Un jour, Souveraine
D'amour !
— Où donc? comment se nomme-t-elle?
Le jour blanchit, ton œil s'endort.
— Reine du bal ! . . . mais cette belle Est invisible, et c'est la Mort.
Etre reine
Un jour , Souveraine
D'amour !
— Triste plaisant ! moqueur sinistre !
Adieu , le plus fin connaisseur !
Et vous hautbois , flûtes et sistre , Un dernier signal au danseur !
Etre reine
Un jour, Souveraine
D'amour !
FINAUT
OU