‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 103 sur 156 · A MES AMIS SUR LA MONTAGNE · texte numérisé non relu

A MES AMIS SUR LA MONTAGNE

Et nous aussi , sur la montagne ,

Nous avons eu notre rayon , Avec l'Aurore pour compagne , Et pour chemin le frais gazon !

Ensemble , Amis, touchant le faite Du pic , monarque souverain , El nous aussi, sur notre tète, Nous avons vu le ciel serein !

Et nous aussi , des hautes cimes Nous avons vu le haut azur, Vu s'éclairer leurs fronts sublimes , Quand , à leurs pieds , tout reste obscur !

Nous éUoDS là ! sur les vallées , El sur la plaine au loin fiiyant En sombres vagues déroulées , Plongeait notre œil calme et brillant.

Nous étions là , couchés dans l'herbe , Jeunes aiglons encore au nid , Ayant pour notre front superbe Trône de fleur et de granit.

Nous rêvions tout , pleins d'espérance ! Notre regard , sondant Téther, Jetait à tout , en assurance , Jeune sourire et jeune éclair.

Et nous parlions de toutes choses Gomme d'un bien semé pour nous ; Tandis que les brouillards moroses Prenaient la cime par dessous.

Ils arrivaient , des gorges sombres Montant , poussés par le vent noir, Et nous lançaient déjà leurs ombres Que nous ne voulions pas les voir.

Enfin il fallut bien entendre

Ce que disait leur triste voix !

Enfin il fallut bien descendre, Et regagner le fond des bois !

Msùs, hélas ! d'autres , de la cime , D'autres, plus mûrs ou plus troublés , Levant leurs ailes sur l'abîme , Vers le ciel se sont envolés.

Lèbre a franchi le noir espace.

Il est au céleste jardin , Suivant , d'un pas que rien ne lasse , Les monts où luit le jour sans fin.

Parmi les troupes infinies Qui forment le chœur immortel , Se mêle aux jeunes harmonies Henri , l'aimable ménestrel.

Et MoNNERON , tout air,, tout flammes , Dont l'œil en haut toujours montait , A revu son pays des âmes , Qu'ici-bas même il habitait.

Mais nous , hélas ! loin de l'aurore , Rentrés sous le brouillard impur,

A tâtons nous suivons encore De la terre le sentier dur.

MoNNARD , en butte à la colère D'un peuple injuste, aveugle , errant , Laisse, vieux chêne séculaire , Grondera ses pieds le torrent.

VuLUEMiN fouille Je nos pères Les tombeaux cachés sous nos pas. Agassiz creuse les mystères D'un temps où l'homme n'était pas.

Tribun de la sainte parole Qui , des cieux, nous appelle tous , ViNET nous guide et nous console , Lui qui souffre bien plus que nous.

Et moi , dans la cité lointaine , Au bord du fleuve m'asseyant , Perdu dans la brumeuse plaine , 0 mes Amis , je vais disant :

Et nous aussi , sur la montagne , Nous avons eu notre rayon , Avec l'aurore pour compagne , Et pour chemin le frais gazon !

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