U RECHERCHE
Je m'en allais triste et dolent , La voix de mon cœur me parlant , Cherchant toujours , toujours allant. . . .
Mes pas , mes pas S'en vont toujours , n'arrivent pas !
Je regardais , sombre ou dormante , La mer humaine , et sa tourmente , Soit qu'elle rie ou se lamente...
Mes yeux , mes yeux , Quand verront-ils ce que je veux !
Oh ! la beauté ! lys de blancheur ; Œil du matin dans sa fraîcheur ; Premier printemps , première fleur ! . . .
Mes pas, mes pas S'en vont toujours, n'arrivent pas.
Elle sourit , et sur sa trace
Tout est rayon , sourire et grâce ,
Eclair charmant. . . . qu'un souffle efface ! . . .
Mes yeux, mes yeux, Quand verront-ils ce que je veux !
Sur le plus haut des pics déserts Je suis monté , mais dans les airs Montent toujours les cieux ouverts. . .
Mes pas , mes pas S'en vont toujours, n'arrivent pas.
Là , j'ai beau suivre , en ma démence , Oh ! de la vie oh ! chaîne immense !
Ce qui finit et recommence
Mes yeux , mes yeux , Quand verront-ils ce que je veux !
0 toi , pourtant , qui le promets , Quand trouverai-je ces sommets Où l'on demeure pour jamais ! . . .
Mes pas , mes pas S'en vont toujours, n'arrivent pas.
Lumière encore inaccessible !
Seul rayon vrai , fixe et paisible !
Oh ! quand verrai-je l'invisible ! . . .
Mes yeux, mes yeux, Quand verront-ils ce que je veux !
— En vain tes yeux, toujours cherchant , Ont vu Faurore et le couchant , L'étoile au ciel , la fleur au champ :
Tes pas , tes pas S'en vont toujours, n'arrivent pas.
Mais dans ton cœur regarde , écoute !
Je suis la voix, je suis la route; C'est là ! suis-moi ! mais point de doute !
Tes yeux, tes yeux Verront alors ce que tu veux.
Sois attentif! regarde bien !
T'ai-je jamais failli sur rien?
Mais loin de moi , sans mon soutien ,
Tes pas , tes pas S'en vont toujours , n'arrivent pas.
Devant toi j'ôte ou mets l'obstacle :
C'est là le simple et juste oracle , De tous les jours c'est le miracle !
Tes yeux, tes yeux Voient déjà là ce que tu veux .