‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 122 sur 156 · AVEC MON PERE · texte numérisé non relu

AVEC MON PERE

Quelle est ta pensée , ô mon père , A ton labour, par ce beau temps ?

Vivre est si doux ! et de la terre Les cieux même ont Tair si contens.

Dans leur sourire elle est bercée , Tout le reflète autour de soi.

Mon père , quelle est ta pensée Dans le sillon où je marche avec toi.

Sous ta main ferme se balance , La charrue au rude éperon , Qui mord le sol , part et s'élance Gomme Tesquif sous Taviron.

Vaillans héros du labourage , Sous le joug , leur force, et ta loi ,

Froment , Lion font plus d'ouvrage , Dans le sillon quand je marche avec toi.

Ainsi cheminant côte à Côte , Au bout du champ nous parvenons , Et , reprenant sans jpomi de faute , A l'autre bout nous retournons.

Sentier béni ! route prospère !

Point d'abîme , de vague effroi !

Mon plus beau voyage , ô mon père , Dans le sillon quand je marche avec toi !

— Mon enfant , je pense au Qui vive De la sentinelle du port

Où chacun , pour gagner la rive ,

Boit l'onde amère de la mort.

Ton voyage à peine commence ,

Ton jour se lève ; mais , pour moi ,

Je pense à l'ombre qui s'avance

Sur mon sillon, où je marche avec toi.

— A ce beau jour qui dit : Espère !

A ce soleil brillant et doux

Souris pourtant , souris , mon père , Gomme le ciel penché sur nous.

Dans nos cœurs et de monde en monde

Dieu sème la vie et la foi. Crois-eo ce bonheur qui m'inonde , Dans le sillon quand je marche avec toi.

Eysins, 4839.

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