AVEC MON PERE
Quelle est ta pensée , ô mon père , A ton labour, par ce beau temps ?
Vivre est si doux ! et de la terre Les cieux même ont Tair si contens.
Dans leur sourire elle est bercée , Tout le reflète autour de soi.
Mon père , quelle est ta pensée Dans le sillon où je marche avec toi.
Sous ta main ferme se balance , La charrue au rude éperon , Qui mord le sol , part et s'élance Gomme Tesquif sous Taviron.
Vaillans héros du labourage , Sous le joug , leur force, et ta loi ,
Froment , Lion font plus d'ouvrage , Dans le sillon quand je marche avec toi.
Ainsi cheminant côte à Côte , Au bout du champ nous parvenons , Et , reprenant sans jpomi de faute , A l'autre bout nous retournons.
Sentier béni ! route prospère !
Point d'abîme , de vague effroi !
Mon plus beau voyage , ô mon père , Dans le sillon quand je marche avec toi !
— Mon enfant , je pense au Qui vive De la sentinelle du port
Où chacun , pour gagner la rive ,
Boit l'onde amère de la mort.
Ton voyage à peine commence ,
Ton jour se lève ; mais , pour moi ,
Je pense à l'ombre qui s'avance
Sur mon sillon, où je marche avec toi.
— A ce beau jour qui dit : Espère !
A ce soleil brillant et doux
Souris pourtant , souris , mon père , Gomme le ciel penché sur nous.
Dans nos cœurs et de monde en monde
Dieu sème la vie et la foi. Crois-eo ce bonheur qui m'inonde , Dans le sillon quand je marche avec toi.
Eysins, 4839.