PA6B S80. «*- LE SERVANT
On a tâché de reproduire dans ces vers quelques-uns des traits sous lesquels l'imagination populaire se représentait le Servant, ou le lutin familier dans la Suisse française : entre autres, ses malices aux servantes de la maison , qui , le considérant comme un être unique en son espèce et toujours présent , se servaient seulement du mot Lui pour désigner ce personnage mystérieux.
Page 520.
Là4>a8 sons ees ormeaux , je vois tourner la ronde.
Voir, ci-dessus, la note de la page i8l .
Pages 370 et 374.
Qu'on nous permette ici quelques indications sur des noms d'amis, dont nous avons voulu rappeler et caractériser le souvenir, et parmi lesquels il y en a, d'ailleurs, do bien connus..
LÈBRE. — Adolphe Lèbre, d'origine française, mais élevé à Lausanne, étant venu à Paris, s'y fit remarquer des juges les plus cornpétens par ses articles d'histoire et de philosophie, publiés dans le Semeur et dans la Reçue des Deux Mondes. Il fut enlevé à la fleur de l'âge et du talent, en i844, et lorsqu'il commençait à compter dans la presse parisienne.
Henri, Paimable méneitrel.
Henri Durand, mort à Lausanne en 1842, tout jeune encore et revêtu des plus aimables dons de la jeunesse. C'était bien , comme on le dit ici, un véritable ménestrel : musicien et poète, les vers lui venaient en chantant. Ses Poésies ont été recueillies , et il y en a plD^sieurs éditions.
MoNNSBOM. — Ffédéfk MoBneroii » mort auni trèH^iu*® » <^ 1837, était, à ne pas s'y méprendre , nn poète de la pins grande raee, comme on peat s*en convaincre par quelques-uns des fragmens Inacherés qu'on a publiés de lui récemment. Voir ce qu*en a dit M. SaInte-BeuTe dans son article sur M. Yinet , et notre notice •or lui dans la Reçue Smete , t. XY, p. 457.
MoKHABO. — Charles Monnard, Tun des continuateurs de Thistoire suisse de Jean de Huiler, longtemps professeur à Tacadémie de Lausanne, député à la diète, maintenant professeur k Bonn, Tun des citoyens dont s'est le plus honorée la Suisse de nos temps, et auquel rien n*a manqué de ce qui attend d'ordinaire le vrai patriote, la lutte pour ce qu'il estime le bien, la yictoire, et la dépopularisation après le succès.
YuLLiEMiN. — Louis YulUemin, historien non-seulement de talent et d'étude, mais de vocation , et qui a publié, sur plusieurs parties de l'histoire de la Suisse, sur le Moyen Age, sur la Réforme, des travaux pleins de recherches solides, de finesse et de sagacité.
Agassiz. — Louis Agassiz, aussi du canton de Yaud, l'un des premier naturalistes de notre temps. Jeune encore, ses travaux étaient déjà si remarquables, que l'illustre Guvier lui remit des matériaux qu'il avait rassemblés pour l'histoire des poissons fossiles, le jugeant le plus capable de les continuer. Après avoir, pendant plusieurs années, jeté un vif éclat sur l'académie de Neuchâtel, il est maintenant professeur k l'université de Cambridge aux Etats-Unis.
Yinet. — Alexandre Yinet, professeur à B&le, puis à Lausanne, dans son pays natal, prédicateur, moraliste, théologien , publidste et critique ; toujours souffrant, mais toujours travaillant et secourable à tous; l'un des écrivains français protestans qui a eu le plus de renom et d'influence de nos jours. On achève de publier ses OBwres complètes. — Quand parurent les Chaneons lointaines, dont il a parlé dans plusieurs recueils littéraires avec une indulgente amitié, nous pouvions le compter encore dans le nombre, déjà bien diminué, de nos amis d'ici-bas. Peu après (en 1847), il alla rejoindre ceux dont lui-même a si bien dit :
Us ne sont pas perdus, ils nous ont devances.
Page 582. — LE BOUT DU MONDE.
En plusieurs endroits, à Genève entre autres, si nous ne bous
NOTES. 1(71
trompons, dans la vallée da Rlidiie aussi, k Aigle, où ce nom nous avait frappé, Timagination du peuple s'est rencontrée pour le donner à quelque lieu sauvage ou retiré.
PAGE 432. ^ FROMENT, UON.
Les bœufs s'appellent fréquemment ainsi dans la Suisse française; ou bien Jailiet et Moulai, qui signifient, le premier, tacheté, numcheté, le second , étoile au front, et surtout marqué de grandes taches de blanc et de roux. — On a pu voir de même quelques noms de vaches à la page 86. Ce joli nom de Niva, qu'on explique par neigée, ou cendrée, n'est pas inventé non plus. On le donnait à une vache de la montagne où ces vers ont été composés.
Pages 456 ET 438.
Bury, près Glarens : délicieuse maison de campagne, appartenant à la famille Couvreu. De sa haute terrasse, qui domine la route et le lac, on a vue sur tous ces bords enchantés.
Celle qui les reçut ici.
M*"* Emma C** , femme aussi distinguée d'esprit que de cœur, enlevée prématurément à ses deux familles , la sienne propre et celle des affligés et des indigens.
Une autre encorf non moins absente De son hospitalier manoir.
VIT M**, du Chàtelard. — L'antique donjon du Chàtelard, ce vieux reste des âges féodaux, est bien connu de tous ceux qui ont visité ces beaux lieux, dont il est, pour ainsi dire, le point culminant. Il Test mieux encore de ceux , en grand nombre , auxquels le propriétaire actuel , M. Marquis, fait les honneurs de son château avec tant de largeur et cordialité. Que d'amis, que d'étrangers aimables et instruits , quelques-uns même célèbres , se sont rencontrés à la table hospitalière et dans la vaste salle du vieux manoir! M. Monnard, M. YuUiemin, MM. Charles et Edouard Secrétan, M. Melegari, aujourd'hui à l'université de Turin, M. Chambolle, un moment exilé après le Deux-Décembre, M. Jacques Dubochet, M. Charles Gleyre, M. Vinet, M. Emile Souvestre.... Hélas! ces derniers noms nous le rappellent : outre ses deuils de famille, cette magnifique demeure a aussi de funèbres et douloureux souvenirs.
y7S Koras.
Page kkê. -* dUBIfS GUTRE.
L'aoteor du Soir de la vie on àa JlbuUnu pcnAics , Time des perles de U galerie da Lnzemboiirf . D'autres taMeaiix de ee maître, — le Dépari de$ Âpdtreê, la Pmleedfe, le Déloge, le major Dopel, Buth, Nautieaa, Y Echo, les BaechaïUes, VAmomr frofaae, on une femme conduite par un petit satire et chassant FAmour, — sont des œvma égales au moîas et peut-être même supérieures à U premièie pour la perféclMm de Teséeutiôu : eUes se trouveut éparaes daus des eoUeetions publiques ou prirées, en France et à rétranger, à l4»sanne, à Paris, âi rEacurial.
Tous ks connaisseur» saveut à quel point ce peintre , Tun des premiers assurément de notre ^loque, unit la correction du dessin» une couleur harmonieuse et d'une gamme saTante, mais qui ne vise pas à Teffet, rinyentiou originale et Fart profond de la composition, au sentiment tout particulier du beau et de la grâce antiques , qui est son cachet. Notre édition même en fournit une preuve dans le sujet par lequel son amitié a aussi touIu y concourir, et qui, transporté depuis sur la toile, est devenu un de ses plus charmans tableaux. Dans le Sommeil du Loup, en effet, on admirera, avec cette fleur de beauté juvénile, cette grâce en même temps qui s'ignore, et dont un voile semblerait plutôt diminuer rinnocence et la pureté. An reste, nous ne songions pas, en commençant cette note, à faire ici l'éloge inutile de notre peintre, nous voulions sealement dire qu'il est aussi, comme Léopold Robert, de la Suisse française, de Ghevilly au canton de Yaud.
Page 451. — LA GENEYRIERE.
A Monsseaux, près Gbâtillon-sur-Loing.
Page 458.
Le fiùt est qu^eUes sont cousineff.
La nièce et la fille de l'auteur, si l'on veut bien nous permettre d'ajouter encore, ^ cette fois tout à fait en prose, — ce petit détail de famille.
NOTES. £{73
Pagc 466. ^ ADALBBRT^
Les notes au bas du texte rappellent les traits historiques em* pruntés au chroniqueur du dixième siècle. Le guerrier Cisher, Tun des héros du chroniqueur carlovingien, vivait sur les bords de la Dura, comme celui-ci le dit en son latin, et avec la prononciation rude que les Allemands mettent souvent aud, c'est-à-dire, sur les bords de la Thwr, et non de là Doire, comme traduit Chateaubriand ; car il est fréquemment qtiestion du Thmrgau ou pay9 de la Thur dans le moine de SarrU-Gall, et son aMiaye était en effet située dans le voisinage.
Page 470. — L'ÉVÊQUE BERTHOLD.
Berthold de Neuchâtel, évéque de Lausanne, mourut réellement, selon Tassertion positive de la chronique, au jour précis qu'il avait fixé, après l'arrangement de ses affaires, pour se mettre en route et aller ea Orient prendre part à la croisade. Sa mort eut lieu vers l'an i22Q.
Pagb 473. -^ LE TROUBADOUR DU COMTE PIERRE.
Le comte Pierre, ou le Petit Charlemagiie , est bien connu dans l'histoire et les traditions de l'Helvétie romane. Il fut un des plus vaillans seigneurs de son temps, et activement mêlé, pour son profit, aux affaires de l'empire et de l'Angleterre , dont sa nièce, Ëléonore de Provence, avait épousé le roi Henri III. Il aimait beaucoup son château de Chillon , y venait souvent, et y mourut (en 4268).
« Or, dit la chronique, le comte Pierre étant retourné gaillardement au lieu de Chilliong , là où il fust surprins d'une très-grande maladie, qui luy dura bien longuement; et tellement fust malade qu'il ne povoit» ne n'eust sceu partir de son cbastel» sinoii qu'il se faisoit anlcunes foys porter dessuz l'eau en uœ navire pour se y resjouir et prendre de l'air » .. ..
Nos historiens, M. de Giogins, H. YulUemin, ont découvert que le comte Pierre avait un troubadour, par lequel il se faisait accompagner dans ses promenades sur le lac. Ittais tout ce qu'on a pu apprendre jusqu'ici, c'est que ce poète chevaleresque s'appelait Ferrât (peut-être Ferrand ou Fernand), ou Féraldo, comme incline
574 nom.
k le croire M. VnliieBin (Toyei son ouTrage sw CMUon). On ne sait rien de plos sur lui.
Pagb 480.
Ce B*e»t , cUl>OB , qa*en Teau tiède trempée ,
hk tradition vent, en effet, que le sang et la faUgae eussent tellement collé les mains des deux héros à leurs épées , qu'il fallut» comme elle le ditnaïyement, les mouiller d'eau chaude pour les détacher. — Clarimbord et Ulrich Bras-de-fer étaient deux pâtres des yallées de la Gruyère. Le fait d'armes qui leur est attribué, et dont le souYenir se conserfe encore dans leur pays, doit s^étre passé en 4348.
Page 493. — L'ALPE.
Ici et ailleurs on s'est serri de ce mot au singulier, comme il est usité dans les Alpes mêmes, pour désigner un haut p&turage, un alpage. Jlper se dit des troupeaux qui passent l'été sur la montagne.