UN PETIT ROI
Air de GuOleri.
Un petit roi bonhomme Vivait non loin d^ici
Sans souci.
II était bien en somme, Haut d*nn pouce et demi , J*en frémi !
Ak ! eomme il rit
Ah ! comme il rit Comme il rit quand il dit :
Je suis petit ,
Petit, petit, Tout petit, tout petit.
Plus que le roi de Rome Il s^est montré vaillant ,
En braillant.
Sa voix, comme une ponune Qui sur la braise cuit,
Fait du bmit.
Et comme il rit, etc.
Il a, dans ses domaines Qu*il parcourt en trois pas,
L*arme au bras, Deux eent mille douzaines, On ne le croirait pas !
D*éohalas.
Et comme il rit, «te.
— H Petit! mais tout le monde M Dit-il, en se mirant,
>• N^est pas grand.
M A moins que je ne ponde, » Nul n'est petit , ma foi !
M Comme moi. ■• Et comme il rit, etc.
•• Que rennemi se montre ,
>• Je récrase s*il est
H Peu replet, •• Ou bien, dans la rencontre.
Il Je lui tourne le dos H S*il est gros. •• Et comme il rit, etc.
Il dit, et, sur sa porte Campé d*un air moqueur.
Ce vainqueur, A béte ou gens, nUmporte !
Fftit au moins, de «on mieux.
Les gros yeux.
Et comme il rit, etc.
Son rire est long d*nne aune.
Il éclate, il s'étend.
Il se fend.
Mais , 6 ciel ! il est jaune , Comme un bouquet choisi ,
]>e souci !
Ah { conune il rit , etc.
Il porte sur sa tète Une plume en avant
A tout vent, Rouge conune la crête Qui pare le menton
Du dindon.
Et comme il rit, elc.
n porte sur l'épaule.
Pendant avec fierté.
De côté.
Pour épée une gaule.
Dont il donne très-bien
A son chien.
Et comme il rit, etc.
NOTES
Voulant être li«f«M|iM, Il donna de traven,
Dans let ain.
Un coup de gaule, oblique.
Dont il eut tout raironi
Sur «on front.
Et eonune il rit, «te.
— Oh ! quelle grande lutte i >• Cria-t-il en tombant
Sur «on banc ; Puis, faisant la culbute, •• Oh ! dit-il, quel exploit !
N On me voit ! •• Et comme il rit , etc.
M Ceet, dit-il, que la terre, » CVtt que tout vient en bat
n Sous mes pas.
» Je suH fondre de guerre : H Qu^on pâlisse d*eflroi
>• Devant moi ! •• Et comme il rit, etc.
« Ma cervelle est féconde , M Je vois dans mon tonneau
>• Tout en beau ; M Je vais changer le monde, » En faire trait pour trait
M Mon portrait. ■• Et comme il rit, etc.
M Le monde, à mon image, » Deviendra grand garçon ,
» Tout de bon, n Et, changeant de plumage, M Sera sur son vieux roc
» Comme un coq. »
Et comme il rit, etc.
« Nous pavanant à Taise, » Nous serons tous égaux,
» Tous nigauds ; « Roogaa conmie la braise, » Souillant partout le feu :
H Cest le jeu ! •• Et comme il rit, 9te.
n Nous avons plein nos poches, » Et de toutes façons
M Cent raisons, H Cent tours, cent anicroches ; N Aussi, n^y cherchez plus
» Des écus ! •• Et comme il rit, 9te.
>• Nous ferons de la terre •• Un nouveau paradis,
» Je vous dis !
M On ne s*y plaira guère ; M Mais qu'importe ! pour moi ,
n J*en suis roi. •> Et comme il rit, etc.
La Terre an petit homme Fit un profond salut.
Qu'il reçut.
Et dès lors il se nomme
Quelqu'un satt-O son nom ?
Ma foi, non f Ahi comme il rh, etc.
Pourtant il est bonhomme !
Aussi, se réveillant
En baillant.
Un jour, voyez-vous comme De son grand patatra nrira!
Ah ! comme il rit !
Ah! comme il rit!
Comme il rit quand il dit :
Je suis petit,
Petit, petit.
Tout petit, tout petit.
Page 254.— LA MÈRE DU SOLDAT.
Le fait qui a donné Vidée de ce petit poème et qui en forme le dénouement, est historique. Un soldat suisse, des environs d^ Aigle au canton de Vaud, revenant du service et rentrant dans ses foyers, aurait ainsi retiré sa mère de la fosse , à ce que m'a raconté autrefois une personne fort au courant des souvenirs de la localité.
Nons. 56*9
PagB S66. — 1.4 VIEILLE DAME ET SON FILS.
Ce morcean n*a d'intërét que par le mot qui le termine : ce mot a été réellement prononcé, et c'est encore ici un fait réel ; il s'est passé dans une yiile du midi de la France, au dire de celui à qui nous l'avons entendu raconter, len H. Requien, d'Avignon, dont le nom est bien connu des archéologues et des naturalistes.