LE ROSSIGNOL
Attends ! je vais chanter pour toutes les étoiles , Pour le monde sans rive et pour le ciel sans voiles ;
Réveillons Tinfini de son sommeil humain. Entre Tàme et les sens effleurons le chemin. Â moi, suave esprit des vagues mélodies ! Viens soufSer la musique en mes notes hardies.
La terre en mugissant répondit à Toiseau , Et le premier tonnerre ébranla l'arbrisseau.
Un crêpe éteignait les étoiles.
L'ouragan agitait ses voiles.
La trombe, en noyant le ruisseau,
 pris les jeunes fleurs sous l'eau.
Mais l'àme , relevée au vent de l'espérance , Aux orages de mort résiste avec puissance.
Elle vole comme un ramier,
Pour trouver le rameau premier
Que le déluge encor balance ,
Et sur lui se pose en silence.
Aux châteaux de nuage , aux cimes des grands monts Peuvent se prendre encor les pensers vagabonds , Comme à des ancres toujours sûres.
Et beaucoup de saintes figures Descendent là-haut sur ces ponts , Pour ouvrir des cieux plus profonds.