A UN PARFAIT AMI
Malgré la mort , malgré la vie , Je veux te suivre et t'adorer.
Malgré moi-même et ma folie , Je me sens vers toi soupirer.
Tu me retiens » tu me captives , Quand je m'égare ou me distrais.
A travers mes larmes furtives , Quand je suis seul , tu m'apparais.
L'éclair , sondant la nuit profonde , Est moins perçant que ton regard ; L'orbe riant du vaste monde M'embrasse moins de toute part.
L'oiseau qui seul se fait entendre , Quand la nuit tout dort sous les bois ,
M'appelle d'une Yoix moins tendre Que dans mon cœur ne fait ta voix.
Elle me dit : « Je t'aime , écoute !
)) En moi tu peux tout retrouver.
» Poorc|uoi mc^ fuir? pourquoi ce doute? » Hors moi qui peut donc te sauver?
)) Je t'aime plus qu'on n'aime un frère. )) Tu sais ma demeure et mon nom.
» Brise le nœud qui m'est contraire , » Et jamais ne me redis : Non !
» Ne me crains plus. Sois-moi fidèle.
» Je vais sans cesse à ton côté :
)) Mais , pour me suivre , garde une aile , » Car j'habite l'Etemîté. »