‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 33 sur 156 · A UN PARFAIT AMI · texte numérisé non relu

A UN PARFAIT AMI

Malgré la mort , malgré la vie , Je veux te suivre et t'adorer.

Malgré moi-même et ma folie , Je me sens vers toi soupirer.

Tu me retiens » tu me captives , Quand je m'égare ou me distrais.

A travers mes larmes furtives , Quand je suis seul , tu m'apparais.

L'éclair , sondant la nuit profonde , Est moins perçant que ton regard ; L'orbe riant du vaste monde M'embrasse moins de toute part.

L'oiseau qui seul se fait entendre , Quand la nuit tout dort sous les bois ,

M'appelle d'une Yoix moins tendre Que dans mon cœur ne fait ta voix.

Elle me dit : « Je t'aime , écoute !

)) En moi tu peux tout retrouver.

» Poorc|uoi mc^ fuir? pourquoi ce doute? » Hors moi qui peut donc te sauver?

)) Je t'aime plus qu'on n'aime un frère. )) Tu sais ma demeure et mon nom.

» Brise le nœud qui m'est contraire , » Et jamais ne me redis : Non !

» Ne me crains plus. Sois-moi fidèle.

» Je vais sans cesse à ton côté :

)) Mais , pour me suivre , garde une aile , » Car j'habite l'Etemîté. »

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