‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 86 sur 156 · CHANSON D'HIVER · texte numérisé non relu

CHANSON D'HIVER

DOUBLEBIENT, TWPLBMENT FOURKâS DB RIMES

Je veux rêver qu'oa me eonrame Roi, mais des Fleurs : donc , roi d'un jour J'ai pour sceptre un lys , et pour trône L'aile des sylphes de ma cour ; Du feuillage où le vent s'égaie J*habite les vertes maisons :

Esprits légers , qu'un rien effraie , A ma voix, sortez des gazons !

Nous dansons , Nous passons , Au tournât des saisons. . .

II n'est plus d'oiseaux dans la haie , Plus de fleurs parmi les buissons.

Ainsi j'irais sur la montagne , Dans les grands bois je m'en irais :

Pour toi , ma fée et ma compagne , Bien haut , bien haut je volerais.

Troupe invisible , alerte et gaie ,

ses

Dans l*air qui tremble nous glissons ; Déjà nous bourddnnons en Naye* , Tout au sommet nous nous posons...

Nous dansons ,

Nous passons,

Autovroant des saisons...

Il n'est plus d'oiseaux dans la haie ,

Plus de fleurs parmi les buissons.

Là , sommeiHent les fleurs perlées , Les fleurs d'argent , les fleurs de miel , Les gentianes étdlées , Au bleu profond comme le ciel.

De ses parfums chacune essaie L'aile de feu, sous les glaçons ; La neige , que le vent balaie , Les garde en ses chaudes cloisons.

Nous dansons ,

Nous passons , Au tournant des saisons...

11 n'est plus d'oiseaux dans la haie , Plus de fleurs parmi les buissons.

En ce lit d'herbe et de ramée ,

* Cime des Alpes dominant le lac Léman du côté de Yevey.

Sur nous la lune veiÛera ; Couchons-nous , ô ma bien-aimée , Pendant qu'un oiseau chantera.

Sous son rocher, le lac bégaie Lui-même aussi d'amoureux sons , Et l'étoile , au fond de la baie , Met une âme aux vagues chansons.

Nous dansons ,

Nous passons , Au tournant des saisons... Il n'est plus d'oiseaux dans la haie , Plus de fleurs parmi les buissons.

J'aime ta chanson montagnarde , Oiseau compagnon des pasteurs ; J'aime l'écho faisant la garde , Son qui-vive dans les hauteurs.

Notre esprit s'envole , et se fraie Un chemin que nous connaissons ; Sur les astres d'or il s'étaie ; Au bord des cieux nous gravissons.

Nous dansons ,

Nous passons , Au tournant des saisons. . .

Il n'est plus d'oiseaux dans la haie , Plus de fleurs parmi les buissons.

Ici , pour toi , j'di , ma compagne , Robes de fleurs , châteaux d'azur, Eternel printemps de montagne , Souflle d'amour sur un front pur ; Le chant de l'âme ^ ô note vraie Qu'au bruit de là-bas nous faussons !

Et cet air du ciel qui déblaie De la nuit les sombres moissons.

Nous dansons ,

Nous passons , Au tournant des saisons...

Il n'est plus d'oiseaux dans la haie , Plus de fleurs parmi les buissons.

Un grand vieillard , austère et tendre , Sous les neiges de son manteau , Nous a pris , nous a fait descendre ; C'était l'Hiver ou l'An nouveau :

(( Tous les cœurs» dit-^il , ont leur plaie , » Les plus belles fleurs leurs poisons ; » Au rossignol répond l'orfraie ; » Au bonheur il faut des leçons. »

Nous dansons ,

Nous payons , Au tournant des saisons. . .

Il n'est plus d'oiseaux dans la haie , Plus de fleurs parmi les buissons.

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