TABLEAU FLAMAND
Qui ne connaît la belle moissonneuse, Parmi les blés chantant le long du jour , Prompte à Touvrage , alerte et matineuse , Mais , vers le soir, babillarde d'amour ! Qui ne l'a vue , au détour de la haie , Debout , sa main écartant le buisson , Suivre au sentier , d'un œil que rien n'effraie , Le voyageur , . . . . si c'est un beau garçon !
Sur ses cheveux sa large coiffe ailée , Deçà, delà, lui fait toujours faux bond, Et sur son cou , sur sa nuque hàlée, Tresses par ci tresses par là s'en vont. Sa taille est droite ainsi qu'un jeune frêne , Mais ronde et souple , autant qu'à la moisson Le blé qui plie au moindre vent qui traîne ; Et son cœur bat.... bat pour un beau garçon.
Elle l'aborde , autant et plus vermeille
Que sous Fépi le pavot radieux ;
Sa lèvre en rit , mais ce n'est pas merveille ,
Car on en voit rire même ses yeux.
Elle l'agace , et fait la raisonneuse ,
Lui jette au nez javelles à foison.
Vite , sans plus ! la belle moissonneuse ,
Qu'on la marie avec un beau garçon !
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