‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 98 sur 156 · TABLEAU FLAMAND · texte numérisé non relu

TABLEAU FLAMAND

Qui ne connaît la belle moissonneuse, Parmi les blés chantant le long du jour , Prompte à Touvrage , alerte et matineuse , Mais , vers le soir, babillarde d'amour ! Qui ne l'a vue , au détour de la haie , Debout , sa main écartant le buisson , Suivre au sentier , d'un œil que rien n'effraie , Le voyageur , . . . . si c'est un beau garçon !

Sur ses cheveux sa large coiffe ailée , Deçà, delà, lui fait toujours faux bond, Et sur son cou , sur sa nuque hàlée, Tresses par ci tresses par là s'en vont. Sa taille est droite ainsi qu'un jeune frêne , Mais ronde et souple , autant qu'à la moisson Le blé qui plie au moindre vent qui traîne ; Et son cœur bat.... bat pour un beau garçon.

Elle l'aborde , autant et plus vermeille

Que sous Fépi le pavot radieux ;

Sa lèvre en rit , mais ce n'est pas merveille ,

Car on en voit rire même ses yeux.

Elle l'agace , et fait la raisonneuse ,

Lui jette au nez javelles à foison.

Vite , sans plus ! la belle moissonneuse ,

Qu'on la marie avec un beau garçon !

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