Grîsse
69. Ancien cantique sur la dédicace de la sainte chapelle de Notre-Dame des Ermites [Einsiedein].
Le seul texte dont nous disposons (N" 13 du chansonnier de la Vve Marie-Victoire Jollien, à Savièze (Valais), présente 16 strophes inégales (de 4, 6, 7 et 8 vers). Dans la niesm-e du possible, nous rétablissons les quatrains originaux. L'ancienne numérotation est entre ( ).
(1) Peuples chrétiens, écoutez, je vous prie, Vous entendrez réciter hautement De cette belle Vierge des Ermites Qui fait tant de miracles opprésent.
C'est dans ce lien où l'on voit . . . |par niiracles] (Par de grands miracles) . . .
(2) Descendre tontes les faveurs des cieiix, Sur tons les pauvres pécheurs misérables Qui rendent leurs vœux dans ce saint lieu.
Cette chapelle a été consacrée (par Jésus) [Par Jésus], Fils de Dieu Tout-puissant, Ainsi que le verrez dans [cette] (1') histoire, Venez ici l'entendre proniptement.
(3) Saint Conrad [Meinrad] un jour étant en prière (Disposant vous) [se disposant à] consacrer ce lieu Apjjevçu une grande lumière :
Jésus lui-même descendant des cieux.
Accompagné des anges et de Archanges, De* tous les Saints aussi pareillement, (4) Est descendu dans la Sainte Chapelle Pour consacrer le lieu divinement.
L'on entendit la musique céleste Dans ce lieu chanter solennellement.
Présent Saint Conrad qui étoit en prières, Plupart des Riligieux pareillement.
(5) D'une Aube et d'un Amiet fort précieux Jésus devant l'Aautel chanta la messe, Présent[e] tout[e] la cour de[8] cieux.
L'on vit alors les quatre Évangélistes Lesquels servoient, mm mitres [une mitre] en leurs mains, Selon.s les cérémonies de l'Eglise, (6) Lesquels servoient le Monarque divin.
Auprès de Jésus étoit Saint Grégoire, Qui tenoit à la main un aspergeoire Accompagné de l'apôtre Saint Pierre Une (grosse) [crosse] à la main il tenoit.
Unssat, Les clinii.sons pc)|pul:iiri-s II, 2.
(7) Saint Augustin et aussi Saint Ambroise Etoit devant le Sauveur Jésus-Clirist, Assistant . . . (voilà la Reine de Gloire)
. . . [Voilà la Reine de la Gloire] Dessus l'autel proraptement apperçue Elle étoit brillante comme une étoile Plus éclatante que n'est le soleil.
(8) Quand Jésus-Christ lui dédia . . . La Chapelle pour les soulagement De nous pauvres mortels . . .
Alors des Anges qui veuoient ensuite Portoient des encensoirs d'or et d'argent Et eucensoient cette sainte Chappelle Pour le soulagement des pauvres languissants.
(9) Le grand Saint Etienne chanta l'Epître, Qui étoit Roudiacre du Sauveur Jésus-Christ, Et Saint Laurent y chanta l'Évangile, Qni ravissait Saint Conrad en Esprit.
Saint Michel qui conduisoit la musique Chantoit avec les musiciens des Cieux, Les Religieux qui étoient en prières, Ne savoieut point d'où venait ce bonheur.
Sanctus fut chanté en cette manière, • Seigneur, vous laissez grâce en ce lieu (i)ci, Dans le temple de la très-Sainte Vierge Mère de très-doux Sauveur Jésus-Christ. »
(11) Et l'Agnus fut chanté en cette sorte : «Agneau de Dieu, ayez pitié de nous!
Agneau de Dieu, faites miséricorde, Aux pauvres âmes donnez leur secours. »
Tout aussitôt que l'office fut fait, La cour céleste s'en retourne aux deux, Laissant l'image de la très-Sainte Vierge Pour consoler tous les pauvres pécheurs.
(12) Saint Conrad passa toute la nuitée, Ayant im cette belle vision,
Tout le peuple qui étoit en prière, En attendant la Consécration
L'on va chercher le très -saint personnage Lequel était eu méditation ;
(13) Saint Conrad dit: «La chose est très certaine, Messieurs, plus rien ici nous ne faisons. »
On le presse encore bien davantage Pour voir l'effet du, loin, visiblement. Lorsque du ciel une voix agréable Fut entendue de tous les assistan.
(14) (Lors(iue) ce prélat lut [allait] commencer l'oftlce Lorsque la voix fut ouïe des cieux
Cessez, cessez, mes frères, je vous prie ; C'est Jésus qui a consacré ce lieu.
(15) Le monde crut alors chose certaine
Ce que Saint Conrad avoit vu nuitamment. Alors le peuple se mit en prières, Remerciant Jésus dévotement.
(16) Vierge sainte, à vous mon cœur s'adresse En vous priant qu'à votre dernier jour, Litercédez vers Jésus alorahle
Qu'un jour (nous) puissions jouir de son amour.