‹ Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande (volume 2)Chapitre 104 sur 128 · Jeu -nés- se trop co - que - te, E - cou - tez la le · texte numérisé non relu

Jeu -nés- se trop co - que - te, E - cou - tez la le

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çon Que vous fait Hen-ri - et - te Et son ;i-mant Da-

mou. Vous ver - rcz leurs mal - heurs Vain-

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eus par leur cons - tau -ce, Et leurs seii - si - blés

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cœurs Mé - ri - tent ré - com - peu

Henriette citait lille l>'uii baron de renom, Kt d'ancienne famille Ktait le beau Damon.

Il était fait au tour, Klle était jeune et belle, Et du parfait amour Ils étaient le modèle.

Hélas! quel triste orage Pour ces tendres amants!

Que ce cruel partage Leur cause de tourments!

Damon a beau chercher Sa chère Henriette, Mais il ne peut trouver Le lieu de sa retraite.

Damon, plein de tendresse, Un dimanche matin Ayant ouï la messe D'un père capucin.

S'enfuit chez le baron [s'en fut]

D'un air civil et tendre :

— Je m'appelle Damon, Acceptez-moi pour gendre.

— Mon beau galant, ma fille N'est nullement pour vous; Car derrière une grille Dieu sera son époux.

J'ai des meubles de prix, De l'or en abondance; Ce sera pour mon fils, J'en donne l'assurance.

L'abbesse prend à tâche De lui tourner l'esprit, Lui parlant sans relâche Et de règle et d'habit.

— Prends le voile au plus tôt ; Ornes-en donc ta tète.

Et les gens d'en haut [les anges l.à-haut] En chanteront la fête.

— Ah! Madame l'abbesse, Ramassez vos bandeaux.

Je ce puis, par faiblesse, Tomber dans vos panneaux.

A un sort plus heureux Le dieu d'Amour m'appelle; Damon a tous mes vœux, Je lui serai fidèle.

— Ah, gardez vos richesses, Monsieur, et voti'e bien ; Je vous fais la promesse De n'y prétendre rien.

Comme vous j'ai de l'or, Tout ce que je souhaite, Et de tous vos trésors Je ne veux qu'Henriette.

Ce vieillard malhonnête S'enfuit sur ce propos En secouant la tête Et lui tournant le dos.

Comme un père inhumain, Traîna la nuit suivante Dans un couvent lointain La victime innocente.

On envoie à'AUeviagne Une lettre au baron, Lui marquant que Guillaume Vient de perdre son nom.

Dans un sanglant combat Montra son grand courage ; Mais un seul coup dompta Ce guerrier redoutable.

En lisant cette lettre, Poussant mille soupirs.

Pleurant avec tendresse La mort de son cher fils:

— J'avais, dit-il, gardé Pour toi bien des richesses; Mais le ciel a vengé Le malheur d'Henriette.

Le Zeredemain ri la grille [L'en-] Henriette il fut voir, Lui dit: Ma pauvre fille, Je meurs de désespoir.

Le Ciel me punit bien.

De moi trop de rudesse; [mon] Mais tu n'y perdras rien, Je te rends ma tendresse.

Ah! Madame l'Abbesse, Donnez-moi un habit; Un saint désir me jiresse D'être de vos brebis.

Coupez mes blonds cheveux Dont j'avais (un) soin extrême.

Arrachez-en les nœuds; J'ai perdu ce que j'aime.

— Qu'avez-vouB donc, cher père.

Qui vous chagrine tant?

— Ma fille, ton pauvre frère Est mort en combattant, En défendant le Roi,

Le pays d'Allemagne; Et je Ti'ai plus que toi Pour être ma compagne.

Adieu donc, mon cher père.

Et toutes mes amies ; Dedans ce monastère Je vais finir ma vie; Passer mes tristes ans Sous des habits de nonne, Prier pour mes parents, Que le ciel leur pardonne!

— Or, en ce moment même, Ah! mon père, arrêtez!

Celui que mon cœur aime Vous me le donnerez.

• — Depuis longtemps, hélas !

Ma fille, en Italie, On dit qu'à Gastella [Castella] Il a perdu la vie.

Là voilà donc novice.

Le grand dommage, hélas!

Que sous un noir cilice Soient cachés tant d'appas.

Son père veut encor L'arracher de la grille; Mais son amant est mort, Elle veut rester fille.

— Cruelle destinée!

Quoi, mon amant est mort!

Sa vie est terminée Et moi je vis encor!

Destin trop rigoureux !

Et vous, père barbare.

Votre insensible cœur A jamais nous sépare.

Or, justement la veille De sa profession, Ecoute la merveille Digne d'attention Que partout on publie :

l'n captif racheté Revient do [la] Turquie, Jeune, et de qualité.

— Adieu, donc, mon aimable, Je ne te verrai plus.

Ton souvenir m'accable Tes soins sont superflus.

Adieu, cher tourtereau !

Ta chère tourterelle Au delà du tombeau, Oui, te sera fidèle.

On parle dans la ville D\m captif si beau; [De ce] D'une façon civile Chacun lui fait cadeau.

Les dames, dans leurs cœurs.

Sont tendres de nature.

Versent toutes des pleurs Sur sa triste aventure.

L'abbesse curieiiBo A son tour veut le voir, Chaque religieuse Se tiansporte au parloir.

Uu secret mouvement Y conduit Henriette Qui ordinairement, Restait en sa chambrette.

Enfin de mes refus Cette fille se rebute ; Pendant un an et plus Elle me iiersécute.

Et son ordre m'oblige A de rudes travaux. Leur souvenir m'affiige En vous disant ces mots.

— Beau captif, dit l'abbesse, Quel est votre malheur?

A vous je m'intéresse.

— Madame, trop d'honneur.

Je ne puis maintenant Vous dire comme je me Apprenez seulement [nomme; Que je suis gentilhomme.

J'aimais d'amour fidèle Une jeune beauté ; La jeune demoiselle M'aimait de son côté.

Mais son père inhumain Autrement en ordonui', Et m'enlève un matin Cette aimable personne.

C'était fait de ma vie, J'en désirais la fin, Quand le Ciel en Turquie Conduit les Mathurins.

Ils brisent mes liens.

Au patron ils m'achètent.

Pour moi le jour n'est rien Sans ma chère Henriette.

La novice éperdue Succombe à ce discours; Chaque sœur se remue Pour lui donner secours.

Elle ouvre un œil mourant, Disant toute tremblante : — Damon, mon cher amant.

Tu revois ton amante.

Où l'a-t-il donc cachée, Ce père rigoureux?

Sept ans je l'ai cherchée En cent différents lieux.

Par tous pays je cours Cherchant sans espérance Celle qui doit un jour Terminer ma sourt'rance.

A la voix de la fille Damon perd la raison.

H veut forcer la grille Ou brûler la maison.

Et pour le retenir 11 faut qu'on lui promette De lui faire obtenir Sa constante Henriette.

Pris par un vieux corsaire, Il me vendit sans pitié, Et d'un cœur débonnaire J'ai gardé l'amitié.

Mais sa fille enchanicc.

Quoique charmante, et belle.

Me voulait épouser.

Pour moi, quelle nouvelle !

Le vieux baron arrive Pour la profession.

Une amitié si vive Lui fait compassion.

Le voilà consentant De signer l'alliance; II veut dès ce moment Combler leur espérance.

L'on fit ce mariage Tout en solennité ; Leurs parents de tout âge Chacun s'y est trouvé.

Après tant de douleurs, De travers(e) et de gêne, On unit ces deux cœurs.

Récompensant leur peine.

Variantes.

B: (4 strophes), str. 1, v. 1: Jeunesse ttroquelte.

V. 6 : Paraît triste et constance (cf. mélodie), str. 2, V. 6 : Elle était faite au tour.

V. 9 : Elle était le modèle, str. 3 : Un dimanche matin / Ayant oui la messe / D'un

père capucin / S'en va chez le baron / — M'acceptez-vous pour gendre '?/Ce vieillard malhonnête/ S'enfuit à ce propos / En secouant la tête / Et lui tourna le dos. — Donc : juxtaposition des str. 3 et 6.

str. 4 : Comme un père inhumain, etc. (cf. str. 6) / ... in-

nocente / — Où l'a-t-il donc cachée / Ce père vigoureux'? / Sept ans que je le cherche / Par ces différents lieux, (str. 25).

= 2 de la version A.

(= .S) : Un jour plein de tendresse / Un dimanche . , . 3 (- 4): Tu n'auras pas ma tille / Je t'en fais le serment/ Car derrière une grille . . .

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