‹ Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande (volume 2)Chapitre 106 sur 128 · Amour et Couvent · texte numérisé non relu

Amour et Couvent

1. Je m'en i - rai un jour, je m'en i - rai heu-reu - se Dans

un cûu-vent cloî - tré pour y ti - nir mes jours. Et

:b=g=g=^^jJ5^^^^fgg;^

là. j'y pas - se - rai U - ne vie bien-lieu - reu - se, Dieu

F^te^-^g

me l'a des - ti - né, Dieu me l'a des - ti - né. Chantée par L.\crent Cabrakd, 1884, Font (Fribourg).

— Thérèse, qu'as-tu dit? Tu as percé mou âme. Toi qui m'avais juré un amour immortel. Mon cœur en ce moment brûle de vives flammes. Adieu, Thérèse, adieu, (htsj

Thérèse, mon amour, ma colombe chérie, Relève tes beaux yeux, Dieu te l'a ordonné. Et quand mes mains viendront presser encore les tiennes Oh! alors tu verras combien mon cœur battra.

Chansonnier Antonin Brasey, 186fi, Font (Fribourg).

149. La Fille amoureuse et l'Amant retiré au couvent. Versions:

A: Chantée par Lydia Chai'I'ot-Lugon, Trient (Valais).

Mélodie I.

B: Ciiansonuier .TdsicTTH: Liigon-Wouillot, Trient.

Mélodie II, chantée par Lydia Chappot.

pm^^^Ês^m^^^

Je suis tille a-mou-reu

se, Et mai - lieu - reu - se,

.r.-ii pcr - (lu mon a

niant I Un soir

i'ûii me vient

"i^^i^pi^^^

ili - re Qu'il est dans le cou - veut

ad libitum (strophe 4 et autres strophes ]isalniociiées:)

g=^^^^=^^^^É=^^gi

Dites mol, ma tilie, ilitos moi hieu promp-te- ment

c'est un (le vos frères (m uu de vos pa - rents.

Mélodie de cor des Alpes; cf. Ranz des Vaches de Rous.SEAu et autres, reproduits par M. L. Gauchat dans son Étude sur le lUmz des Viiclies frihonrgeois. Zurich 1899. — Ici, la cadence est remplacée par la psalmodie parodiée.

La Fille.

Je suis tille amoureuse Et malheureuse, J'ai perdu mon amant.

Uu soir l'on me vient dire Qu'il est dans le couvent.

Rossât, Les Chansons populaires U, 2.

Je me suis levée

Et hahillée

Le leudemain matin

Je m'en vais à la porte

Du père capucin.

■ — Bonjour, révérend père Si sévère,

Pourrais-je bien parler Au plus jeune de vos frères Que vous avez reçu hierV

Le Père.

— Dites moi, ma tille Dites moi bien promptement Si c'est un de vos frères Ou nu de vos parents?

La Fille.

— C'est ni parent ni frère,

Mon père, C'est un de mes amis Que j'avais l'espérance De l'avoir pour mari.

Le Père.

— Frère Jacques, descendez en bas ;

Il y a une tille amoureuse à la porte du couvent.

Frère Jacques [psalmodie comme le Père].

— 0 mon révérend père, dois-je y aller?

Si c'est une tille amoureuse, dois-je la consoler?

Le Père.

— Oui, descendez promptement, la tète droite, les

[yeux baissés, les pieds modestes.

Si quehiiie mauvaise pensée vous prend, retournez

[vite dans le couvent.

Frère Jacques.

— Oh! donc bonjour, ma tille, je viens vous voir, De la part de mon révérend père qui me fait à savoir.

La Fille.

— Relève donc ta face

De grâce!

Ne me connais-tu pas?

Crois-tu que mou visage Ait changé d'appas?

Frère Jacques.

— Oui, je connais bien cette tignre oi'i j'ai tant piis

[de baisers ; Mais Dieu, par sa grâce m'en a retiré (var. : préservé].

La Fille.

— Oh! va-t-en,' hypocrite

Faus.s'e ermiti', Et sors de ton couvent; Retourne chez ton père, Prends tes habillements!^

Frère Jacques. .

Les habits que j'ai portés chez mon père, je ne les Allez porter le8 vôtres qui sont superflus, [porte plus.

La Fille.

— Ingrat, tu m'abandonnes?

Je donne A Dieu tous mes amours !

Je vais me rendre nonne Le restant de mes jours.

Frère Jacques.

— Tu dis bien que tu te rends nonne, mais tu n'y

[penses pas; ('••ir toutes leK nonnes sont chastes, et toi tu ne l'es pas.

La Fille.

— Si je ne suis pas chaste,

De grâce.

Ne me parle donc pas; C'est toi qu'en es la cause Si je ne la suis jias.

Le Père.

— Retirez-vous, tille mondaine, retirez-vous pioiiip-

[teuient ; Ne venez pas déranger nos frères qui sont dans le

[couvent

La Fille.

— Tais-toi, maudit [lère

Sévère.

S'il faut que je me retire Je me retirerai Jusqu'à ton oratoire Je me r'coiisolerai.

^^-=Eg^

Je suis fille a - mou - reu - se Et mal - heu-

^^!^^j^=jM^n^=^

reu - se, J'ai per

(lu mon a - mant Ce

^^^^^^Èm^^m

soir on vient me di - re Qu'il est dans un cou - vent.

Cf. la mélodie de la Complainte de Jacob Lanselle (N" 117).

B a également 16 strophes, très fautives comme graphie; la strophe A 9 est devenue B7; autres variantes: ' Rotiro-toi ... ; - Tu seras mon amant. — Dernière strophe incomplète.

Page 1