‹ Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande (volume 2)Chapitre 15 sur 128 · Légende de Notre-Dame de Liesse · texte numérisé non relu

Légende de Notre-Dame de Liesse

Notre-Dame-de-Liesse, Vinjinis LaetUiensin Faniim, bourg à 16 km. N-E. de Laon (Aisne). Célèbre depuis le XIP siècle par une statue rapportée, dit-on, de Terre-Sainte, et vénérée dans une éo;lise construite aux XIV' et XV" siècles.

Versions :

A: Chansonnier Marie Deboks, Savièze (Valais).

B : Chansonnier Vve Marie- Victoire Jollien, Savièze.

A, est de beaucoup la meilleure : correcte comme versification et à peine altérée comme texte. B, met les strophes en deux lignes:

Peuples dévotieux, écoutez dans ce lieu d'un cœur plein d'alégresse. Je vais récité des miracles qu'a fait notre dame de Lièse. et le sens en est souvent indéchiffrable. Nous nous bornons à donner A in-extenso.

Estrat de l'histoire miraculeuse de Notre Dame de Liese.

Peuple dévo((ei<.'c Écoutez dans ces lieux D'un cœur plein d'allégresse, Je m'en vais réciter Le miracle qu'a fait Notre Dame de liièsc.

Ces chevaliers français Répondirent tous trois:

« Plutôt perdre la vie Que quitter notre foi Pour .«suivre votre loi Qui n'est qu'idolâtrie. »

Avant de vous parler Des miracles qu'elle fait, Parlons de son histoire:

Vous serez satisfait.

Car c'est un beau sujet Très-digne de mémoire.

Le Sultan en fureur

Los fit mettre (n) [sur] l'heure

Dans une iirison forte,

Croyant les pervertir,

Ou les faire mourir

D'une cruelle sorte.

Trois chevaliers français Combattant pour la foi Et pour la Sainte Eglise, Furent fait prisonniers Et menés au quartier Du Sultan, sans remise.

Ce malheureux Sultan Avait certainement Une fille très-belle; Il lui dit dans ce temps:

« Il faut dans ce moment Que tu me sois fidèle.

<Juand le Sultan les vit.

Aussitôt il leur dit:

<i Chevaliers qu'on renomme.

Renoncez votre foi

Je vous ferai, ma (loi) [foi],

Trois grands de mon royaume.

Ma fille, dit ce païen.

Ces chevaliers chrétiens

Sont de grand[3] gentilshommes:

Tâche de les gagner

Ma fille, sans épargner

(ia) [ta] royale personne.»

La tille du Sultan Prit les clefs proniptement Pour complaire à son père; S'en va dans la prison Pour gagner tout de bon Ces trois clievaliers frères.

La Sultane huralilement Reçut dévotement Cette très-sainte image Et la porta après Dedans son cabinet Pour lui faire bommage.

'Ces nobles chevaliers, Captifs et prisonniers, Voyant cette sultane, Aussitôt lui ont montré Toute la fausseté De sa loi inahoraétane.

Dans sa dévotion

Elle eut révélation,

De Dieu et de sa mère,

Qu[']elle serait baptisée

Quand elle aurait sauvé

Les trois chevaliers frères.

Lui disant en ce (tnot) [lieu] Nous croyons au vrai Dieu Et à la Sainte Vierge.

La Sultane en deux mots Leur demanda aussitôt Qu(')elle était cette Vierge.

A ce commandement, Ismérie promptement Abandonne sa terre.

Sauve les Chevaliers Qui étaient prisonniers Du . . . Sultan son père.

Apportez-nous du bois, Dit le plus Jeun(e) des trois.

Vous en verrez l'image.

La Sultane, de ce pas.

Aussitôt (leur) en porta Sans tarder d'avantage.

Ayant pris quelqu'argent, Ses joyaux mêmement, Et la très-Sainte Vierge Portait entre ses bras.

Et ne la quitta pas. L'aimant d'un grand courage.

Ces nobles chevalieis N'étant pas ouvriers, Prièrent la Sainte Vierge.

De nuit, l'ange de Dieu Apporta dans ce lieu L'image de la Vierge.

19, Ayant marché longtemps, La Sultane tristement Dit aux trois gentilshommes Je ne puis plus marcher; Il faut me reposer Et prendre ijuchiue somme.

Ismérie tout de bon Retournant en prison.

Ces chevaliers très-sages Aussitôt lui ont montré Et lui ont présenté Cette très-sainte image.

Les chevaliers soudain S'écartent du chemin, Entrent dans un bocage.

La Sultane s'endort.

Ayant dessus son corps De la Vierge l'image.

Etant tous endormis, Chose vraie, mes :imis, Ils furent, d'assurance, Miraculeusement Transportes eu dormant Au royaume de France.

Ktaut tous éveillés Ils furent bien étonnés Avec[ques] Ismérie De ne point se trouver Où ils étaient couchés Au pays de turquie.

Voyant un (jeune) l)erij;er[et] Jouant du flageolet.

L'un lie ces Gentilshommes Lui a dit; « Mon ami, Quel pays est ici ?

Et dis-moi où uous sommes r

Le petit bergerot Répond en peu de mots :

• Vous êtes en Picardie Tout proche de Marchais' D'où Monsieur, pour le vrai, Est esclave en Turquie. •

Ces bons seigneurs alors.

Reconnureut d'abors Que Dieu par sa puissance Les avait délivrés, Et même transportés Au royaume de France.

La mère de ces seigneurs Sachant ce grand bonheur Vint de grande vitesse.

Ayant vu ses trois tils, Embrassa(nt) Ismérie De très grande tendresse.

Ismérie peu après.

Selon son saint souhait.

Reçut le saint baptême; Par l'évêque de Faon [Laon] |ja confirmation Elle reçut tout de niénie^

Cette fille d'honneur Et ces trois bons seigneurs Firent bâtir une Eglise Où ils ont fait poser Cette image sacrée ; Quelle belle entreprise !

C'est où est son pouvoir; Et [certes,] elle [a] fait voir Souvent de grands miracles Aux pauvres affligés Qui vont la visiter I)aiis ce saint tabernacle.

.\llon8, peuple français.

Allons dans cet endroit Tous en pèlerinage.

Puisque la mère (de) Dieu Vient dedans ce saint lieu Recevoir nos hommages.

D'une grande ferveur Prions-la de bon cœur D'avoir son assistance.

Elle a toujours aimé Et toujours protégé Le royaume de France.

' Marchais, commune du département de l'Aisne, ' C'est-à-dire en même temps.

15 km. de Laon. —

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