‹ Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande (volume 2)Chapitre 2 sur 128 · VIES ET MIRACLES · texte numérisé non relu

VIES ET MIRACLES

VIES ET MIRACLES DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST. 65- La fuite en Egypte.

p3=^=j^^^EaM

ifir

La Vierge et son é - poux, fu - yaiit de la Sy-

ri - e, Non loin d'un pau-vrc bourg, sur le bord d'un ra-

BqNTs^355jBg=H^Ug3-g

vin A - vaieut re-pris lia - lei - ne, et la chaste Ma-

Por-toH* en - tre ses bras son bel en - faut di-vin.

Dans le bourg tout .à coup, quel tumulte effroyable? Ils sont là, les soldats d'Hérode le cruel, Fouillant chaque niaiRon d'un glaive impitoyable, Frappant les nouveaux-nés dans le sein maternel.

La Vierge a tressailli d'une terreur mortelle, Joseph élève au ciel son cœur et sa voix. Et puis à pleines mains, il répand autour d'elle Le grain d'un pur froment qui la bénit trois fois.

Le grain germe aussitôt, en épis il s'allonge, Car où la Vierge mère est [et] son fils adoré Et Joseph (il) ne crient [craint] pas qu'un cédateur plonge Sous les mouvents à bruit [abris] de ce massif doré.

S'élance loin du liourg bientôt la troupe infâme, Vers le calme vieillard (il) précipite ses pas : — N'as-tu pas vu passer, lui dit-elle, une femme Jeune et belle, portant un enfant (entre) [dans] ses bras ?

Iîn«sat. Les cliMnsons poiinlaircs II, 2

— Une femme portant un enfant? Oui, sans doute,

Un homme déjà vieux la guide [guidait] (fort) tristement, L'un et l'autre suivaient ce côté de la route Et, brisés de fatigue, ils marchent [marchaient] (ils marchent fort)

[lentement.

— Grand merci, compagnon, la nouvelle est fort bonne. Mais quand les (vis-tu) [as-tu vus?] parle-moi sans détour!

— Quand je semais ce grain, que [qui] maintenant me donne Ses épis les plus beaux de tous ceux d'alentour.

— Et quoi? ce fut alors grave nouvelle. Cela est doue plus vieux d'une saison !

Adieu bonhomme, adieu, mets tes blés en jevelles, Les épis jaunissants appellent la moisson.

Tandis que les soldats regagnent leur demeure, 0 prodige nouveau : plus d'épis en ce lieu ! Le grain que [Saint] Joseph a semé tout à l'heure Reparait pour nourrir les oiseaux du bon Dieu.

Chansonnier Ben'oît ZaFFEREY 1875, Vissoie (Valais).

Page 1