‹ Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande (volume 2)Chapitre 24 sur 128 · A - le - xis é-taut grand. Pour plaire à ses pa - rents · texte numérisé non relu

A - le - xis é-taut grand. Pour plaire à ses pa - rents

tt— ï-

Consent au ma - ri - a - ge Sans pou-voir l'é - vi - ter. Pour

i^pEr=g=^M^j^g^r=g-=M^

ac-com-plir un ga - ge Ils l'ont fait é - pou - ser.

Après dîner il va Dedans son cabinet; Y prit une ceinture Et une bague d'or, La donne à son épouse Et lui s'en va d'abord.

Ce saint s'en est allé Tout le long de la mer:

Une barque romaine Bien loin l'a emmené; Bien loin de sa iiatrie Et (le sa parenté,

Au bout de sept années, Ce saint s'est rentourné En demandant l'aumône Au nom de Jésus-Christ.

Son père la lui donne Sans connaître son fils.

Le saint s'est retiré Dessous les escaliers; Il s'en est vu bien aise D'être bien maltraité Des valets de son père, Sans l'avoir mérité.

fi.

Après vingt deux années, Le saint a trépassé; Toutes cloches de Rome Se sont mises à sonner; Il n'y eût personne en Rome Qui [ifit les arrêter.

Dans sa main l'on trouva.

Sur parchemin écrit:

Sachez que je suis Alexis, Fils de cette maison Où mon père, ma mère Et mon épouse sont.

Le père voyant cela Par terre se jeta.

Et sa très chère mère Les cheveux s'arracha. Et son aimable épouse Sur son corps se jeta.

Ah! mes très chers amis, Il nous faut tous mourir.

La vie de ce monde Ne dure qu'un moment, Celle de l'autre monde Dure éternellement.

Publiée par J. Reichle.v dans La Gruyère ilhisfrée IV/V, 7.

82. Complainte de Sainte Marguerite [Vierge et Martyre]. [20 juillet]

Tirée des cliansoiiuiers:

Françols Gillioz, Brignon, Nendaz (Valais).

Brigitte Bourban, Haute-Nendaz.

Mélodie chantée par Faustine Gîeange, Fully (Valais).

La distribution en rôles (aeteui's et voix) n'est pas sans rappeler les mystères, dont notre complainte s'est sans doute inspirée. Olibrius, qui dans la chanson suivante (83) est devenu OUbre, a'est mué ici en Oliùériciis.

A l'honneur de Sainte Marguerite.

Ra - re beau - té, per - le sans prix, In - coin - pa - ra - bi

|^^ï^=J¥np^^S^^

Jlar - giie - ri - te, Xe trai - te pas a - vec mé - pris

Cet es - fl:i - ve de son nié - ri - te Prends pour é - poux ton gou - ver - neur De qui dé - pend ton vrai l)nii - heur.

OUbéricus.

Eiire beauté, perle sans prix Incomparable Marguerite Xe traite pas avec mépris Cet esclave de ton mérite, Prends pour époux ton gouverneur De qui dépend ton vrai bonlieur.

Sainte Marguerite.

Mon vrai bonheur dépend de Dieu A qui je me suis dévouée, Dites-moi promptement adieu Je ne veux point être louée, J'ai plus à cœur de vivre aux champs Qne dans la cour parmi les Grands.

La Sainte.

Mon cœur est tout à Jésus-Christ, Je ne brûle que de sa flamme ; Lui seul occupe mon esprit, Lui seul est l'objet de mon âme.

Pour lui seul je veux tout souffrir.

Et pour lui seul je veux mourir.

Olibcricus.

Mon cœur ne peut se rebuter Encore que le tien se rebute.

Perle, rends-toi sans disimter Avant que je te persécute.

Si tu ne m'aimes à ton tour Ma hiiiue suivra mon amour.

Olihéricus.

Je te conjure d'accepter Le parti que je te présente, Et je te ferai respecter Eu [qualité de] Gouvernante; Tu jouiras de mes trésors Et de tous les plaisirs du corps.

La Sainte.

Je n'appréhende aucun tourment.

Mon époux m'aidant de ses grâces; Ne feins plus d'être mon amant.

Je me moque de tes menaces.

Déchire et brûle tout mon corps Et fais-moi souffrir mille morts.

La Sainte.

Donnez à quelqu'autre qu'à moi L'or et l'argent de tous vos coffres Je ne saurais trahir ma foi En acceptant vos belles offres, Tous vos discours sont superflus.

Allez, Seigneur, n'y pensez plus.

Olibcricus.

Je suis épris de ta beauté, Beau chef-d'œuvre de la nature, Ne méprise pas ma bonté, Ménage ta bonne fortune.

Pourvu que ton cœur soit â moi, Le mien ne vivra que pour toi.

Olibcricus.

Il n'est plus temps de déguiser, Obéis aux lois de l'Empire !

Autrement, sans temporiser, Je vais t'exposer au martyre.

Tu vas voir quelle est ma fureur Si tu n'es souple à l'Empereur.

La Sainte.

C'est à la loi de mon Epoux Que je rends mes obéissances.

Mon cœur ne craint point ton courroux.

Et mon corps brave les souffrances. Je foule aux pieds ce que tu dis. Ton Empereur et tes édits.

Olibvricas.

Qu'on fasse nager dans le sang Lea membres de cette inhumaine, (^)n'on lui déchire tout le flanc (ju'on la brûle et qu'on la ijcne !

Frappez, bourreaux, de toute miin.

N'ayez |)0ur elle rien d'humain.

La Sainte.

Olibe'riciis, tu perds ton temps, Tu n'auras jamais l'avantage Que je rende tes vœux contents.

Ni que je perde le courage; Fais tout l'effort que tu pourras, Malgré toi, tu te lasseras.

La Sainte.

.le sais fort bien, sans tes avis, A qui je dois en rendre grâces, C'est à Jésus pour qui je vis, Et de qui seul je suis les traces; Pour tes faux dieux muets et sourds Je les détesterai toujours.

Olihériciis.

11 est temps de venger nos dieux, 0 langue exécrable et maudite !

Tous tes discours injurieux Méritent qu'on te décapite !

Mais avant qu'on donne le coup.

Tu souffriras encore beaucoup.

Otibcricus.

Qu'on aille la mettre en prison, Et que de ma part on la presse Pour la ranger à la raison.

Ou ])ar menace ou par promesse : Si son orgueil ne se rend pas Je saurai bien le mettre en bas.

Une [lyî'.c du ciel.

Tes travaux sont presque Unis, Vaillante et divine Amazone, Tous tes bourreaux seront jinnis, Et tu recevras la couronne.

Quitte la terre, monte au Ciel Pour y changer l'absinthe en mioH

La Sainte contre le dcinon en forme

de dragon.

Grand Dieu, dont le soin paternel Guérit en moi toute blessure.

Faites que ce dragon cruel Crève à mes pieds et qu'il y meure ; Que votre croix soit contre lui Mon boulevard et mon apimi.

La Sainte.

J'ose, Grand Dieu, vous demander Avant qu'on me tranche la tète, Que votre cœur daigne accorder A tous mes dévots leur requête :

Montrez combien vous êtes bon A qui réclamera mon nom.

Une voix du ciel.

Marguerite, réjouis toi D'avoir remporté la victoire !

Souffre encore un peu pour la foi, Regarde l'éternelle gloire !

Tes tourments prendront bientôt tin, En dépit de l'esprit malin.

.Kans.

Je condescends à tes souhaits.

Je veux que ton mérite éclate. Je ne refuserai jamais Ceux qui t'aurpnt ]iour avocate ; Ton nom, en tout temps, en tout lieu, Sera puissant auprès de Dieu.

Olibe'ricus.

Adore nos dieux immortels Par qui tu viens d'être guérie, Offre l'encens à nos autels De peur que je n'entre en furie :

Si tu méprises leurs bienfaits.

Tu n[e rjéchappcras jamais.

Prière.

Combattez en terre et sur mer, Illustre Sainte Marguerite, Le démon, le monde et la chair.

Et gardez-nous de mort subite ; Surtout secourez ]iromptement Les femmes en l'enfantement !

Page 1