Cantique de l'Enfant Prodigue
Versions:
A: Chansonnier 1701, Jean-Pierre Gayx, Martigny (Valais) à Mme Emma Cretton, Trient (Valais)
Mélodie I. Clé du Caveau 323.
B: Chantée par Mme Pétremand-Pilet, 1820, Corcelles (?)
Mélodie 11.
Allegretto
g^3^fe£^Eg^F^^g^Êâi
1. Je suis en - fin ré - so - lu D'être en mes mœurs .ib - so-
|p^=^^^;^^M^r=££tf==pg
lu, Don - nez moi vi - te mon j)èr(e) Ce qui me
^^=^^^;gEèEF=^^=fe^£^^
re - vie» de ma part. Vous a - vez mon au - tre
frè - re Con - sen - tcz à mon dé - part.
Son père.
Pour quoi veux-tu, mon enfant Faire ce que Dieu te défend?
Veux-tu désoler mon âme, Nos parents et nos amis?
Je serois digne de blâme Si je te lai'ois permis.
Le prodigue.
Je veux, en déjiit de tout, M'éloigner d'auprès de vous.
En vain vous faites la guerre A ma propre volonté.
Je ne crains ni ciel, ni terre.
Je veux vivre en liberté.
Son père.
Mais bêlas ! quelle raison Te fait quitter la maison?
Ne te suis-je pas bon père?
De quoi te plains-tu de moi?
Et qu'est-ce que je puis faire Que je ne fasse pour toi ?
Le prodigue.
Vous me traitez en barbet Et je veux vivre en cadet; Vous condamnez à toute beure Le moindre dérèglement ; Je veux changer de demeure Sans tarder un moment.
6, Son père.
Adieu donc, cœur obstiné, Adieu iiavre infortuné, Ton égarement me tue, J'en suis occablé d'ennui, Je vois ton âme perdue.
Et je ne sais où j'en suis.
Je rougis de mes forfaits Et des crime que j'ai faits Je fonds en pleurs, je soupire, Je sens de cuisants remorts.
Je souffre un cruel mart/re De cœur, d'esprit et de corps.
Le prodigue.
Venez à moi, libertins, Prenez part à mes festins ; Venez à moi, cbers lubriques, ConsumonK nos courts moments Dans les infâmes pratiques Des plus uoits débordemens.
Je meurs même ici de faim Faute d'un morceau de pain.
Tandis que chez mon [bon] père Où jamais rien ne défaut, Le plus chétit mercenaire En a plus qu'il ne lui faut.
Pensons à boire, (et) à manger Dans ce pays étranger.
Je n'ai plus peur d'tin [de mon] Qui me suivait pas à pas. [père Songeons à nous satisfaire Dans l'ordure et les ébats.
Je voudrois bien me nourrit Des fruits qu'on laisse pourrir.
Je voudrois bien sous ce chêne Les restes de ces pourceaux; Mais j'ai mérité la peine Qu'attirent les bons morceaux.
Contentons tons nos désirs En vivant dans les plaisirs, Et vivons de cette sorte Tant que l'argent durera.
Nous iroM de porte en porte Sitôt qu'il nous manquera,
Le prodigue pénitent.
Oh! le triste changement Après un ira!7[?]charment !
Je ne vois plus à ma suite Ceux qui me faisoient la cour; Tout le monde a pris la fuite Pas un n'use de retour.
Je veux pourtant me lever Pour penser à me sauver Il est tera« que je détourne Mon cœur de l'iniquité, Et qu'enfin je m'en retourne Vers celui que j'ai quitté.
Le prodigue de retour.
Voici, cher père, à genoux Un tils indigne de vous.
VouK daignerez me permettre D'entrer [de-]ilans ce palais.
Ce me sera trop que d'être Au nombre de vos valaw.
Je me trouve sans appuis Dans la honte et dans l'ennui.
Ma conduite toute impure M'a mis au rang des pourceaux !
Il est juste que j'endure Autour de ces animaux.
J'ai péché contre les cieux, Je n'ose lever les yeux ; J'ai péché contre vous-même, Je crains de vous regarder; [Et] ma douleur est extrême, Je suis prêt de ni'amender.
Je me soumets de lion cœur A votre juste rigueur.
Je tie veux, pour vous déplaire, Oublier ce que je fis ; Vous êtes encore le père De ce misérable fils.
Le pire.
Laquais, chercbez de souliers Et les mettez à ses pieds ; Cherchez dans mon garde-robe Une bague pour son doigt, Avec sa première robe, Puisqu'il revient comme il doigt.
Qu'on prépare le veau gras !
J'ai mon fils entre mes bras.
11 avait perdu la vie, Mais il est ressuscité; Chers amis, je vous convie A cette solemnité.
Cher enfant, cnibrasse-moi.
Je brille d'amour pour toi!
Mes entrailles sont émues Et de joie et de pitié.
Par ton retour tu remues Tout ce que j'ai d'amitié.
Réflexions.
C'est ainsi que le Seigneur Reçoit le pauvre pécheur.
Il l'embrasse, il le console Et l'aime plus que jamais, Et d'une simple parole Il remplit tous ses souhaits.
Fais donc, pécheur, par amour Vers Dieu ce parfait retour.
Tu [en] recevras la grâce Et les dons du Saint-Esprit; L'ennemi rendra la place De ton cœur à Jésus-Christ.
Tes mérites suspendus
Te seront sitôt rendus,
Ta paix en sera parfaite ;
La terre te bénira;
Tout le Ciel en fera (la) fête
Et l'rtufer en frémira.