‹ Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romande (volume 2)Chapitre 47 sur 128 · Bon -jour, bon -jour, mon a - mi. Bien te va-t - il · texte numérisé non relu

Bon -jour, bon -jour, mon a - mi. Bien te va-t - il

au - jourd'liui? N'as - tu pas quel - ques non - vcl - les'r

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Dis en - fin, dis en - fin, Bien est - il eu - vc ton vin? :J; ifi Cette phrase se répète dans les strophes complètes.

Je savais boire le vin.

Mais je lus Saint Augustin:

L'ivrogne, dit- (qu')il, ressemble A tous les marais ensemble.

C'est afireux, c'est affreux, (^u'nn buveur est malheureux.

— Que dis-tu là, vieux frijion, Tu veux me faire un sermon ?

Le vin n'est-il pas pour boire?

Ce que l'on dit faut-il croire?

\os vieux fou.«, vos vieux fou.s'

[Va, vieux fou!

Tu n'es qu'un admit filou.

— .le ne te dis ]ioint: fripon, .le t'appelle par ton nom Kn ami, veux-tu me croire ?

Pour travailler l'on peut boire Boire bien, boire bien, Mais savoir vivre en chrétien.

— Notre vie est sans appfw Si le vin n'abonde pas.

Sans cette agréable pluie L'un maigrit, l'autre s'ennuie.

Boire bien, boire bien, Voilà mon seul entretien.

IJe tout {si) le vin tient lieu, l'our l'homme il n'est [ilus de Dieu; Ainsi le i)aien raisonne, Hoit et mange et fredonne Sans savoir, sans savoir Où se trouve son devoir.

Il parle ab hoc et ab hac, Des vins, des jilats, du tabac.

Puis, dans son profond délire, Gouverner veut un empire Et redit, et redit Mille fois le même dit.

— Tais-toi, ne dis pas païen A cet homme qui boit bien, Le vin lui plaît à l'extrême, Il l'aime plus que [soi] même.

Du bon vin, du bon vin.

Mais point d'eau dans son festin.

Mais bientôt il frappera, Amis, sauve qui pourra.

Plus cruel qu'une lionne ; Hlasiihémant il brise, tonne.

Comme il bat, comme il bat!

Ses coups sentent le muscat.

— Songe ii ce Michel Servet, Comme il battait son mulet.

Le vin Ini tournait la tète, l''ort moins bête était sa bêto :

JI frappait, il frappait, Dans la boue it se niidait.

Voisine, bénis le ciel, Ton mari n'est pas cruel.

Mon Jacob est un ivrogne.

Oh! ])our moi, triste besogne; ,1e me meurs, je me meurs.

Inutiles sont mes pleurs.

P.'ir le vin, Paul n'a ]ilus rien.

Tu sais qu'il mange son bien.

Vivra-t-il en solitaire,

Ou quittera-t-il la terre V

Ira-t-il, ira-t-il

l'ans un éternel exilV

Quand je vois mes chers enfai De faim pâles et mourants.

Je me nourris de tristesse; Pour boisson j'ai la détresse, Pour un cœur, pour un cœur Est-il sendilablc douleur?

Ah, l'ivrogne, quel poison!

De l'homme ôtons lui le nom.

Sale, impur dans ses [laroles.

Tous ses désirs sont frivoles ; lladoteur, radoteur.

Se croit pourtant grand docteur.

L"ivrogue enfin doit finir,

La triste mort doit venir.

Tous les soins sont pour le ventre.

Des enfers qu'il ait le centre,

Il boira, il boii-.'i,

Mais plus tard il souffrira.

l'ertes, son savoir est grand.

Des bibles parle en savant; ]| comiirend tout l'évangile.

Pour lui rien n'est difficile; Il sait tout, il sait tout.

Ses lumières vont partout.

— Tu parles fort sagement.

Je me soumets promptenient.

Mais la soif sera terrible.

En brijler, c'est fort pénible, Aide-moi, aide-moi :

De l'eau ]'e bois avec toi.

Du vin sobrement buvons, Gai(s), joyeusement ebantons:

Ah Dieu/ [A Dieu] seul notre jeunesse Pour paitager la sagesse.

Et joyeux, et .joyeux Mous régnerons dans les cieux.

Chansonuier Benoît Zofferey, Vissoie (Valais).

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